Search
vendredi 9 décembre 2016
  • :
  • :

Cuisine – Le Saulxuron Joseph Viola dans l’équipe du Bocuse d’or Il faisait partie de l'équipe d'organisation mercredi dernier à Lyon.

image_pdfimage_print

Source : AFP.

Pour la quatrième fois, la Norvège remporte le Bocuse d’or. Dans une ambiance de tribune de stade, 24 chefs internationaux, fébriles ou plus zen, se sont livrés à un marathon lors de cette compétition.

Chef du restaurant familial Bekkjarvik Gjestgiveri, Orjan Johannessen, 29 ans, a remporté ce prestigieux trophée, assorti d’un chèque de 20 000 euros, devant l’Américain Philip Tessier, 35 ans, et le Suédois Tommy Myllimaki, 36 ans, au cours d’un show à grand spectacle, au dernier jour du salon de la gastronomie (Sirha).

Premier podium pour les Etats-Unis

Le jury, présidé par le Français Thibaut Ruggieri, Bocuse d’or 2013, a été conquis par sa « pintade fermière des Landes parfumée au cèpe et fenouil, oignons paille, citrouille Hokaïdo et salsifis gratiné », ainsi que par sa « truite fario et crabe Kamtchatka croustillant ».

C’est la première fois que les États-Unis montent sur le podium. Et la quatrième que la Norvège remporte le Bocuse d’or depuis la création en 1987 de ce concours par le pape de la cuisine, Paul Bocuse. Absent pour la première fois à cette grand-messe, car très affaibli à bientôt 89 ans, c’est son fils Jérôme, président du Sirha, qui a remis le trophée sous une pluie de confettis et les clameurs du public.

Une course contre la montre

Par groupes de 12, les 24 candidats issus des sélections en Europe, Asie et Amérique latine ont eu 5 heures 35 pour sublimer la pintade fermière des Landes ainsi que la truite fario. Une course contre la montre dans le vacarme assourdissant des 2 700 supporteurs déchaînés.

Tel un métronome, le Japonais Hideki Takayama poêle prestement des escalopes de foie gras marinées dans du miso et enchaîne aussitôt le remplissage de cornets de farce. Il en sautille presque dans son box de 18 mètres carrés qu’il partage avec son commis. « C’est une machine de guerre, il a tellement de technique ! » commente son coach, le Français Romuald Fassenet.

Non moins concentré, le Suédois Tommy Myllymaki, 36 ans, fait griller des poireaux à la flamme et au charbon, avant de confire des fenouils, le « légume surprise » de cette compétition. « Il est au taquet ! Aucun geste inutile, le résultat d’années d’entraînement », commente Joseph Viola, membre du comité d’organisation. Bocuse d’argent 2011, Tommy Myllymaki vise clairement la plus haute marche du podium. D’autant qu’il a déjà remporté en 2014 le Bocuse d’or Europe.

« Comme en Formule 1 »

Consciencieusement, le Norvégien Orjan Johannessen tourne des oignons qu’il va pocher dans un bouillon parfumé. Insensible aux décibels de la musique, aux bousculades de journalistes du monde entier et au passage des 24 membres du jury venus inspecter jusqu’à la propreté de ses plans de travail. Déjà candidat en 2013, il est rodé !

Mardi, le Français Nicolas Davouze s’était efforcé de séduire le jury avec un « cigare de truite fario façon grenobloise » et une « pintade truffée, petites farces bourgeoises ». Encouragé par son coach, Franck Ferigutti, qui gère les chronomètres en cochant les étapes sur sa liste. Et à ses côtés, un petit pot de miel pour les « coups de pompe ». « C’est comme en Formule 1, le démarrage est très important, vous lancez la mécanique, c’est là où ça se joue et après c’est 50 % dans le mental », explique à l’AFP le chef, meilleur ouvrier de France, Jean-Marc Tachet. « Tout est calé à l’entraînement et chaque dixième de seconde est important, car il y a toujours des aléas et ça donne de la marge en cas d’accident ».

« Face à une telle concurrence, ça va être dur de l’emporter », d’autant que la France a décroché le Bocuse d’or en 2013, reconnaît-il. Il compte sur la « mise en scène » des plats. « C’est là qu’on va marquer un gros coup », assure-t-il. Ainsi que sur « l’optimisation maximum des produits ». « C’est le b.a.-ba du métier, car ils sont aussi notés sur les denrées inutilisées. » « Celui qui sortira vainqueur de ce concours, c’est comme s’il récupérait des étoiles », souligne le chef doublement étoilé Matthieu Viannay.




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *