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mardi 6 décembre 2016
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Climat – Coup de froid en vue Les prévisions sont plutôt pessimistes pour les tout derniers jours d'avril et début mai.

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Comme souvent ces dernières années, à l’exception de 2013, le printemps se déroule sous des conditions sèches, ensoleillées et bien douces. Cela nous protège t’il d’éventuelles gelées ? Voire de chutes de neige tardives ? Frédéric Decker, de MeteoNews, apporte quelques réponses à vos questions.

Après un mois de mars de saison, marqué par des nuits fraîches, mais aussi par des après-midis plutôt doux, une grande douceur s’impose ce mois d’avril sur l’ensemble de la France. Les conditions anticycloniques, la présence fréquente d’une dorsale et le flux de sud à est amènent en effet beaucoup de douceur sur la France.

Peut-on dire adieu aux gelées et à la neige pour ce printemps 2015 ? Pas forcément… Non seulement le passé, même proche, nous a démontré que l’hiver peut faire un tardif soubresaut… mais les prévisions sont plutôt pessimistes pour les tout derniers jours d’avril et début mai.

La douceur va encore persister quelques jours, sous un soleil dominant jusqu’à jeudi notamment au nord de la Loire, puis dans une ambiance plus humide vendredi et samedi.

Il faudra ensuite compter sur un net rafraîchissement entre dimanche et lundi prochain. Après près de trois semaines au dessus des moyennes saisonnières, nous allons repasser en-dessous ! Les températures devraient même descendre sous les 5 degrés fin avril – début mai, avec – pourquoi pas – quelques gelées blanches. Les températures maximales (diurnes) ne seront pas en reste, inférieures ou égales à 15 degrés sur une large moitié nord. La neige devrait même revenir à basse altitude sur les montagnes. Bref, une situation à surveiller tout de même, notamment dans le domaine de l’agriculture. Les jeunes plants, légumes et arbres fruitiers sont en effet assez délicats à cette période de l’année. Des gelées trop marquées pourraient endommager ces végétaux.

Rien de nouveau sous le soleil : le froid peut s’inviter tardivement, y compris au coeur des printemps les plus chauds. Le printemps 2010 n’était pas spécialement chaud, plutôt de saison. C’était sans compter sur un coup de froid en mai, avec trois premières semaines fraîches voire froides. Pire : la neige s’était invitée… en plaine en Midi-Pyrénées jusqu’à Carcassonne !

Le printemps 2003 annonçait déjà la couleur de l’été caniculaire : régulièrement chaud voire très chaud, il dépassait largement les moyennes saisonnières. Et pourtant… Deux coups de froid remarquables se sont produits : en première décade d’avril avec des fortes gelées tardives le 11 sur une végétation très en avance. Pendant ce temps, il neigeait en Bourgogne. Plus étonnant, des gelées tardives records touchaient la Beauce et notamment la région de Chartres le 15 mai 2003 ! La suite on la connait : fortes chaleurs dès la fin mai jusqu’à fin août, dont la « fameuse » canicule du 3 au 14 août !

Le printemps 1997 était très prometteur : très et même trop sec en mars avril, doux voire chaud malgré des gelées modérées certaines nuits d’avril, un ensoleillement remarquable… Un pic de chaleur frappait même le pays tout début mai. Et patatras ! Un coup de froid humide déferlait sur la France entre le 6 et le 8 mai. La neige s’invitait alors et tenait au sol en Touraine et dans le Poitou, jusqu’à 5 cm sur la verdure !

On peut citer aussi les gelées de début mai 1996, mi-mai 1995, le froid mois de mai 1991 ou 1987, les chutes de neige de début mai 1979 sur de nombreuses régions jusqu’au coeur de la capitale (derniers flocons en mai à Paris). En 1991 toujours, après près de deux mois de douceur entre fin février et mi-avril, des fortes gelées et des chutes de neige tardives provoquent d’importants dégâts agricoles autour du 21 avril.

Plus loin de nous, à l’époque, le printemps 1945 était exceptionnellement chaud (mais fréquemment dépassé depuis). Dès mi avril, comme cette année, la chaleur s’invitait sur de nombreuses régions avec des températures souvent comprises entre 25 et 30 degrés. Et pourtant… Un sévère mais bref coup de froid a occasionné des gelées début mai. Non seulement des gelées, mais aussi des chutes de neige exceptionnelles le 1er mai au nord de la Loire à l’aube. 8 cm de neige recouvrent alors la capitale. A peine une semaine plus tard, des records de… chaleur tomberont à nouveau avec une trentaine de degrés au pied de la Tour Eiffel !

La chute de neige la plus tardive date du 18 mai 1935. Non seulement il neige, mais en plus ça tient ! 3 cm à Paris et jusqu’à 20 cm à Lisieux !! De nombreux dégâts sont alors à déplorer sur la végétation et dans l’agriculture.

Les « Saints de Glace » ne sont pas passés. Il s’agit des 11, 12 et 13 mai. Cela ne veut pas dire qu’il gèle chaque année à ces dates. Les gelées ne sont pas plus fréquentes que les jours précédents. En revanche, cela correspond grosso-modo aux gelées les plus tardives possibles en plaine, en dehors des régions de l’est où il peut exceptionnellement geler fin mai voire début juin.

Bref, méfions-nous ! Même l’année 2003 a réussi à s’accompagner de coups de froid printaniers ! Tout est possible, et les prévisions annoncent à ce jour une tendance au refroidissement pour les derniers jours de ce mois d’avril et début mai.

Tenez-vous donc régulièrement des conditions météo à venir via les bulletins de MeteoNews . Il serait dommage de passer à côté de gelées annoncées…

Frédéric Decker, MeteoNews SA, mercredi 22 avril 2015, 13 heures 00.




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