Search
vendredi 9 décembre 2016
  • :
  • :

Saulxures-sur-Moselotte – Fibers : le repreneur chinois renonce, les 42 salariés au chômage Le tribunal de commerce d'Epinal doit se prononcer sur le statut des 42 salariés ce mardi 2 juin 2015.

image_pdfimage_print

11119972_10205428146556664_564473089_n1

Ecrit par David Jeangeorges.

Mardi 14 avril 2015, le tribunal de commerce d’Epinal avait donné son accord pour que l’entreprise Fibers soit reprise par la société Jiangyn Huamao Chemical Fiber Co, créée par le groupe chinois Jiangyn Huamaoun. Il devait prendre possession des locaux au 1er mai 2015. Finalement, le repreneur chinois jette l’éponge, laissant les 42 salariés au chômage. Leur sort doit être réglé ce mardi 2 juin 2015 par le tribunal de commerce d’Epinal.

Douche froide pour l’ensemble des 42 salariés de Fibers. 30 d’entre eux devaient être repris par le par le groupe chinois Jiangyn Huamaoun qui avait racheté l’outil de travail pour 10.001,00 €uros.

Celui-ci devait investir au 1er mai 2015 les locaux dont est propriétaire la communauté de communes de la Haute-Moselotte. Mais depuis le jugement rendu mardi 14 avril 2015, les élus et les salariés sont sans nouvelles du repreneur chinois. Le tribunal de commerce avait notamment requis de ce dernier qu’il crée une société de droit français ce qu’il n’a jamais fait.

“Depuis le jugement du 14 avril, les Chinois sont injoignables et introuvables. On ne rencontre personne, on ne réussit à joindre personne” constate le président de la com’com Jean-Claude Dousteyssier, contacté ce lundi par nos soins. Il ajoute : “j’ai appris par la bande depuis deux ou trois jours que l’affaire repassait devant le tribunal de commerce d’Epinal ce mardi 2 juin 2015 mais les élus de la communauté de communes ne sont pas convoqués”.

Au titre du mois de mai 2015, un premier loyer devait être versé par le repreneur chinois à la communauté de communes de la Haute-Moselotte pour l’occupation des locaux qu’elle avait racheté au prix de 900.000 €uros. Elle n’a rien vu venir à ce jour.

A défaut finalement de repreneur, le tribunal de commerce est donc appelé ce mardi 2 juin 2015 à se prononcer sur le statut des 42 salariés. Sauf un nouveau coup de théâtre, ceux-ci vont tous se retrouver au chômage. Un an seulement après avoir été embauchés par Fibers.

Rappel des faits.

Rappelons que le tribunal de commerce d’Epinal a donné un avis favorable, mardi 14 avril 2015, à la reprise de l’entreprise Fibers par la société Jiangyn Huamao Chemical Fiber Co, créée par le groupe chinois Chinois Jiangyn Huamao. Sur les 42 salariés, 30 devaient être conservés. Entendu une première fois le mardi 30 mars 2015, ce repreneur chinois avait dû faire des propositions plus solides.

Le repreneur chinois avait été entendu une première fois par le tribunal de commerce le mardi 30 mars 2015. Il a dû faire des propositions plus solides. Il devait injecter 2 millions d’euros d’investissements pour réaliser des travaux d’amélioration de l’outil de travail.

Ce repreneur n’était autre que le vendeur de la machine acquise pour la ligne de production de l’usine de Saulxures-sur-Moselotte. Il connaissait donc bien les dirigeants de Fibers.

« Ça ne sera pas une friche industrielle et ça ne va pas partir à la liquidation. C’est un vrai soulagement. La société chinoise va créer une société en France et va reprendre 30 personnes sur les 42. Nous, on va en reprendre de toute façon. Je pense que ça va se terminer avec 2 ou 3 personnes réellement licenciées. Le projet va continuer avec d’autres personnes c’est ce qui est le plus important. Les chinois ont donné des garanties ce matin pour remettre en route cette société. Je suis prêt à collaborer avec eux. Ce sont des gens très sérieux » témoignait le 14 avril Bernard Charbonnier, le PDG de Ventron Confection.

« On est attentif au maintien du matériel dans les locaux pendant 5 ans » poursuivait Jean-Claude Dousteyssier, le président de la communauté de communes de la Haute-Moselotte qui a racheté le bâtiment 900.000 euros pour le louer à Fibers.

Cette entreprise de recyclage de fibres de polyester était en redressement judiciaire depuis le 17 février 2015. Elle avait ensuite été liquidée le mardi 10 mars 2015 par le tribunal de commerce d’Epinal, avec une période d’activité de trois mois.

Cette liquidation était survenue suite à un accident du travail mortel dès le 1er juillet 2014 et aux difficultés économiques. Elle avait été prononcée alors que Fibers, filiale de Ventron Confection dirigée par Bernard Charbonnier, a commencé son activité seulement dix mois auparavant, en mai 2014.

Ce projet de 12 millions d’€uros avait été soutenu à hauteur de 6 millions par les collectivités publiques via des aides directes et indirectes de l’Etat. Pendant que le carnet de commandes était vide, la quasi-totalité du personnel était d’ailleurs placée en congés payés. Fibers avait basé son projet sur un circuit de collecte et de recyclage des fibres de polyester pour en faire de nouveaux produits et leur donner une seconde vie. Ces fibres devaient être récupérées pour devenir des couettes et des oreillers.



9 réactions sur “Saulxures-sur-Moselotte – Fibers : le repreneur chinois renonce, les 42 salariés au chômage

  1. zizou88

    Dallas continue! A qui profite le crime ? ? Salariés prenez pocession de l usine, faites vous entendres des pouvoirs publics qui on si facilement attribués des aides à ce patron sans contreparties! Qui à vérifier les garanties données par les chinois? STOP à ce gâchis, elus, patron, rendez des comptes ! Que l on arrête de jouer avec les salariés?

    répondre
  2. cc 88

    Arrêté de critiquer ,sans patron pas d ouvrier.
    Me charbonnier a fait ce qui il a pu.
    Aux râleurs je vous propose une chose : créer votre entreprise !

    répondre
    1. pierre

      cc88 avec tout l’argent qu’à reçu ce patron et ce résultat au bout d’un an combien de boites auraient pu repartir ou se créer.Un patron qui est écœuré face à ce flop une pensée à tous ceux qui y ont laissé des plumes .

      répondre
    2. zizou88

      Pour info, pas d ouvriers pas de patron ! Je crois sincèrement qu il est temps que nos élus que se soit au niveau national ou local devrais arrêté de distribuer l argent public sans garanties. En France il est beaucoup plus facile de stigmatiser les petites gens qui touchentle rsa, l eétat vien de distribuer 40milliards aux entrprises sans aucun angagement des patrons.
      Pour fibers, je dit stop au carnage. Ce patron à tromper tous le monde ( les elus, les ouvriers et même le tribunal)

      répondre
  3. DD le vosgien

    On peut être très surpris que personne ne se soit penché sérieusement sur ce projet dont l’issue était incertaine dés le départ.
    – Le marché pour les fibres de polyester recyclé est principalement le rembourrage. On voit difficilement les concurrents fabricants de couette acheter des fibres à Fibers, pour se battre ensemble sur le marché des produits finis.
    – La vente de fibres bas de gamme est destinée à des produits bas de gamme qui sont souvent importés finis d’Asie. Il n’y a peu de marchés pour ceux ci en Europe.
    – Il y a pléthore d’offre de ces fibres sur le marché. Elles sont fabriquées de l’Europe de l’est à l’Asie en passant par la Turquie. Ces pays offrent des débouchés et conditions économiques plus attractifs. Des opérateurs historiques ont fermé faute de rentabilité avec des usines amorties et un savoir faire certain. Un producteur Irlandais utilisant des bouteilles comme Fibers fait partie d’un groupe pétrochimique qui produit 2500 tonnes (100 camions) de fibres par jour. Un petit producteur sans savoir faire, ni expérience, peut difficilement rivaliser sur les mêmes marchés.
    – La séparation du polyester et du coton est sûrement une hérésie économique car les opérations de triage, coupe et broyage sont très lentes et donc chères.
    – Ce projet nous a été « vendu » comme l’idée du siècle pour le recyclage des tissus coton polyester.
    Le résulat est une production à base de déchets de bouteilles d’importation puis une faillite retentissante !!
    Pour le mirage de quelques emplois politiques et fonctionnaires n’ont pas dû prendre la peine de se pencher sérieusement sur le projet. Sans eux le projet serait resté sur un bureau à Ventron !
    Maintenant les contribuables vont payer, merci !

    répondre
  4. laurent

    Que les politiques arrêtent de se mêler de l’économie, car ce n’est pas leur rôle.
    Ils sont là pour créer les conditions d’une bonne économie, un terrain favorable…et non s’y intégrer.
    Des démissions s’imposent…

    répondre
  5. Dominique Humbert

    Le dernier acte d’une farce tragique
    Pièce en treize actes
    Acte 1 : le dirigeant d’entreprise lance son projet industriel 
    Acte 2 : les élus passent à la caisse avec notre argent, 6 millions ou plus, d’aide publique et 900 000 € de la Com-com pour acheter une friche industrielle qui aurait pu être directement louée à son propriétaire
    Acte 3 : les élus se félicitent, posent pour la photos, s’envoient des fleurs
    Acte 4 : le dirigeant remet le couvert avec la commune de Saulxures qui accepte, en trois semaines montre en main, d’acheter pour 230 000€ une seconde friche industrielle à proximité
    Acte 5 : les choses se gâtent. La machine chinoise n’aime pas trop les fibres françaises
    Acte 6 : le drame. Une jeune femme est tuée par la machine, que l’on a fait fonctionner sans sécurité
    Acte 7 : arrêt de l’activité, mise en congé du personnel
    Acte 8 : rien ne va plus, la machine n’aime toujours pas les fibres françaises et, de toute façon on n’en trouve pas assez. La production bien que très inférieure aux prévisions ne trouve pas preneur Acte 9 : dépôt de bilan
    Acte 10 : liquidation et licenciement des 40 ouvriers
    Acte 11 : rebondissement. Le Chinois qui a vendu les machines pour quelques millions d’Euros propose la reprise de l’activité avec 30 salariés. Il rachète le tout pour 10 000€. Les élus pointent le nez et n’y trouvent rien à redire
    Acte 12 : le Chinois s’appelle Godot, on l’attend toujours…
    Acte 13 : liquidation définitive : La messe est dite

    Epilogue : Que celles ou ceux qui attendent la démission des responsables de ce gâchis oublient, ceux-ci sont infaillibles, totalement incompétents, mais infaillibles
    P.S. Un article traite de ce sujet sur ce blog : http://www.enpassantparmalorraine.fr/?p=255

    répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *