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mercredi 7 décembre 2016
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Vagney – Maurice Martin promu chevalier de la légion d’honneur Il a été mis à l'honneur lors de la commémoration de l'appel du 18 juin 1940 jeudi soir.

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Edité par David Jeangeorges

Photographies : Christian Schirm.

Jeudi soir, lors de la commémoration de l’appel du 18 juin 1940, le maire de Vagney, Didier Houot, a mis à l’honneur Maurice Martin, récemment promu chevalier de la Légion d’honneur. De nombreuses autorités civiles et militaires assistaient à la cérémonie.

C’est devant le monument aux morts que la cérémonie a commencé avec une présentation assurée par Gérard Cunin, la lecture de l’Appel du 18 juin du Général de Gaulle par le maire, le dépôt de gerbes, sonneries, Marseillaise et Chant des Partisans par l’Union Musicale Voinraude.

Une cérémonie se déroulait ensuite à la mairie en l’honneur de Maurice Martin, récemment promu chevalier de la Légion d’honneur. Elle lui avait été remise par le Préfet des Vosges le 8 mai 2015 à Epinal.

Ce jeudi soir, Maurice Martin était entouré de sa famille à commencer par deux de ses trois enfants, Jean-Michel et Pascal, des élus et des représentants des associations, avec porte-drapeaux :  ANSORAA, Association Nationale des Sous-Officiers de Réserve de l’Armée de l’Air, Forces Françaises Libres et  Légion d’Honneur. Notre rédaction joint ses félicitations au nouveau chevalier de la Légion d’honneur.

 

Son parcours.

Né le 25 octobre 1921 à Vagney, il est le fils de Marius Martin, Lieutenant de Pompier et Adjoint au Maire de Vagney.

A 19 ans, il s’est porté volontaire le 14 juin 1940 pour effectuer, avec la voiture de son père, le repli de la brigade de Gendarmerie de Vagney en compagnie du Chef Moreau et du Gendarme Durain, avec archives, armes et munitions. Direction Dijon puis le sud de la France sous les bombardements d’avions italiens. Ils arrivent à Montpellier le 17 juin et remettent leur chargement à la Gendarmerie. Lui se dirige ensuite chez son oncle Camille Mathieu à Issoire et met la voiture de son père à l’abri.

Après un séjour bien mérité il regagne son village Zainvillers pour travailler avec son père dans la boulangerie familiale. La situation de guerre n’est pas bonne pour lui, l’occupant se comporte très mal et il ne supporte pas l’idée qu’un jour il risque de partir travailler pour l’ennemi (STO), l’appel du 18 juin trotte dans sa tête et à 21 ans il décide alors de quitter sa famille et de rejoindre la France Libre…

Après réflexion et préparation, il part de Zainvillers le 22 janvier 1943, à 6 h 45, afin de quitter la zone rouge. Le 24 janvier, après bien des embûches et des alertes, c’est l’approche de la zone de démarcation. Des dizaines de kilomètres à pieds, au niveau de Givry, et il franchi cette ligne aux risques de se faire tirer dessus. Il passe de nouveau à Issoire, fait ensuite escale à Nîmes chez une amie de ses parents. Depuis là, il prépare plus en détail son évasion par l’Espagne.

Le 17 février c’est le départ en direction de Perpignan, Arles, Céret et la Vallée du Tech. Caché chez une habitante il attend le passeur qui doit lui faire traverser les Pyrénées. Ils se retrouvent alors à deux et le 20 février c’est le départ, de nuit bien entendu dans la neige en altitude. Une fois la frontière franchie, le passeur leur indiqua une direction à prendre, mais celui-ci, les envoya directement dans la gueule du loup, ils tombèrent sur une embuscade tendue par des carabiniers espagnols. Ils prirent un ruisseau et continuèrent leur marche dans celui-ci afin que les chiens perdent leurs traces. Ils réussirent ainsi à semer ces carabiniers. Continuant le chemin, toujours à pied et de nuit, le 23 février, sous la fatigue, endormi dans un bas côté il se fait prendre par des carabiniers et sera emprisonné à Gérône jusqu’au 26 mars. Ensuite, ce sera une résidence forcée à Caldas du 27 mars au 13 juillet. Il sera transféré au camp de la soif de Miranda de Ebro du 13 juillet au 21 septembre. Se faisant passer pour un Canadien Français, il quitte le camp grâce à la Croix Rouge et via le Portugal, il rejoint l’Afrique du Nord, au Maroc pour retrouver les F.A.F.L.

Il intègre donc les Forces Françaises Libres au Maroc et choisi de partir pour l’Angleterre afin de rejoindre les groupes de bombardements de la RAF. Il suit une formation, en anglais, langue inconnue pour lui, sur la base de Lossiemouth. Il obtient son brevet de Air Gunner (Mitrailleur), anglais appris grâce à un compagnon Alsacien, et passe à la formation pratique en qualité de mitrailleur de tourelle supérieur, il vole sur Anson et Wellington. En 1944 et 1945, il est affecté au Squadron 346 Guyenne sur la base d’Elvington. Son équipage , le plus jeune du Bomber Command, sous les ordres de l’Aspirant Lecoq effectue multiples missions sur l’Allemagne, notamment sur la Ruhr, toutes ces missions sur le plus gros bombardier de l’époque le Halifax, un quadrimoteur emportant 7 membres d’équipage. Malgré les tirs ennemis et la flack la chance était de leur côté, car avec 50% de perte, beaucoup de leurs compagnons manquaient au retour de mission.

Le 20 octobre 1945, à bord de son avion, il revient en France sur la base aérienne de Bordeaux. Après être démobilisé II rejoint sa famille à Zainvillers.

Pendant son séjour en Angleterre, dans le cadre de permission de convalescence et de repos il était accueilli dans une famille recevant des jeunes français. C’est à l’occasion d’un de ses séjours qu’il fait la connaissance de Marianne son épouse, qui elle avait rejoint l’Angleterre avec sa famille pour échapper aux nazis qui avaient envahi les Sudètes en Tchécoslovaquie. Ils se sont ensuite mariés en 1947 à Vagney et vivent paisiblement dans leur maison « Villa Guyenne » rue Jean Moulin.

Maurice a également reçu les décorations suivantes :

La Croix de Combattants Volontaires

La Médaille des Internés résistants

La Médaille du Bomber Command

La Médaille Militaire (22 juillet 1964)

Il est membre à vie de la Royal Air Force Association promu Chevalier de la Légion d’Honneur le 8 mai 2015.




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