Search
vendredi 9 décembre 2016
  • :
  • :

Histoire – Un Italien à Plombières-les-Bains

image_pdfimage_print

058[amolenuvolette.it]1640-1650 bosse et leblond ramoneur ItalienRamoneur

A l’occasion de la semaine de l’Italie et du projet de jumelage avec la municipalité de Santena, ville piémontaise de plus de dix mille habitants sise dans la province de Turin, le Comte de Cavour sera dans toutes les mémoires. C’est en effet avec lui que s’entretenait en secret Napoléon III, en 1858, dans la fameuse «Entrevue de Plombières», qui aboutira au rattachement à la France du Comté de Nice et du Duché de Savoie, et à la naissance de la Confédération Italienne. La ville de Santena abrite aujourd’hui une magnifique fondation, «Fondazione Camillo Cavour» installée dans le parc et les bâtiments du château Cavour à Santena, bâtiments qui datent du début du XVIIIème siècle.

Mais quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que Plombières-les-Bains possédait déjà, dans ses archives paroissiales (déposées aux Archives Départementales des Vosges) un lien, certes tenu, mais néanmoins émouvant, avec cette partie de l’Italie.

Ce lien s’inscrit dans un mouvement migratoire, aujourd’hui mieux connu, entre l’Italie du Nord et la France. Il s’agit d’une migration saisonnière qui souvent devint, au fil des générations, définitive. Cet afflux de main d’oeuvre spécialisée dans les villes aux nombreux bâtiments concerne un corps de métier particulier: celui des ramoneurs ou «fumistes». Les piémontais, souvent de petite corpulence, avaient acquis l’art de se faufiler dans les conduits de cheminée, métier pénible et dangereux, et souvent pratiqué par les enfants.
C’est le vingt juin 1753 «vers la minuit», certainement usé par son métier, qu’un italien de 43 ans décèdera à Plombières. Le curé de Plombières-les-Bains aura néanmoins eu le temps de lui apporter le secours de la Religion en le confessant et lui donnant l’extrême-onction. Mais le pauvre ramoneur ne put recevoir le Saint Viatique (Communion donnée aux mourants) «pour cause d’un vomissement continuel qui lui survint dans sa maladie». On l’enterra le lendemain au cimetière de Plombières-les-Bains qui jouxtait l’ancienne église, en présence de «la plupart des paroissiens» et du maître d’école BARRY.

Le curé de la paroisse avait précisé dans l’acte de sépulture «est décédé Joseph MINETTE italien et ramolleur de son metier». On présume qu’il se nommait MINETTI, patronyme bien présent dans le Piémont et la province de Savone.




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *