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vendredi 9 décembre 2016
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Remiremont – Un 11 novembre dans une unité de rassemblement, pour ne pas oublier…

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Article participatif de Denis Philippe.

Photographies : Jean-Claude Olczyk.

La plus grande solennité était une fois encore de mise lors de cette cérémonie commémorative de l’Armistice du 11 novembre 1918, la 97ème du nom. Mais aussi la journée d’hommage à tous les combattants morts pour la France, ainsi que l’a rappelé le maire, Bernard Godfroy. Personnalités civiles et militaires, porte-drapeaux, associations patriotiques, sapeurs-pompiers, musique municipale, associations sportives de la ville, enseignants, collégiens et enfants des écoles étaient ainsi réunis à 10 h précises sur le parvis de l’Hôtel de Ville. En présence d’une délégation du 1er Régiment de Tirailleurs d’Epinal et de nombreux Romarimontains.

Une commémoration débutée même une heure plus tôt avec un office religieux célébré en l’abbatiale en hommage aux morts de tous les conflits. Dans un alignement parfait, la cérémonie officielle, avec revue des troupes par les autorités présentes, reflétait comme il se doit un caractère solennel. Accompagnés de la musique municipale, des enfants de l’Ecole Jules Ferry ont entamé une première fois La Marseillaise.

Puis c’est un cortège soudé qui a pris la direction du cœur de ville afin de rejoindre le cimetière et le monument aux morts. Le chef de protocole Henri Piaget annonça la lecture, par le premier magistrat de la Ville, du message du Ministre délégué en charge des Anciens Combattants. L’instant d’après, Bernard Godfroy, accompagné de Gilbert Bouché, président du comité de liaison des sociétés patriotiques, de François Didier, président de la Légion Vosgienne et de deux enfants (Florian et Maylee) de l’école Jules Ferry, procéda au dépôt de gerbe. Instant suivi d’une minute de silence et de La Marseillaise reprise une seconde fois par les enfants de Jules Ferry. Des enfants qui ont même entrepris le second couplet, soutenus par la musique municipale.

Second dépôt de gerbe au cimetière militaire

L’assemblée était ensuite invitée à rejoindre le cimetière militaire voisin, pour la suite du cérémonial avec un second dépôt de gerbe auquel prenaient part le Commandant Dominique Lledo, actuellement à la tête du commissariat de police romarimontain, le Capitaine Adrien Ieria, commandant la Compagnie de Gendarmerie de Remiremont, le Capitaine Denis Martin, commandant le centre de secours principal de Remiremont et l’adjudant chef Priester, représentant l’Escadron 25/7 de Saint-Etienne-Lès-Remiremont.

Après une autre minute de silence, les autorités saluèrent les porte-drapeaux, avant que ne se reforme le cortège afin de rejoindre le grand salon de l’Hôtel de Ville, avec accès par le Jardin des Olives.

«Que nos stèles commémoratives ne restent pas des pierres stériles »

Lors de son allocution, Bernard Godfroy rappela qu’en ce 11 novembre, toutes les communes de France associent dans un même hommage les combattants de 14-18, de 39-45, d’Indochine, d’Afrique du Nord et les jeunes soldats des opérations extérieures. Puis il poursuivait : « Mais, date anniversaire oblige, revenons une nouvelle fois à cet armistice conclu le 11 novembre 1918 et qui mettait fin à quatre longues années d’un conflit mondial sans précédent. Presque un siècle plus tard, c’est avec une émotion intacte que le peuple français se souvient des immenses sacrifices consentis par ces hommes de toutes conditions et de tous âges, ayant quitté leur famille, leur village, leur emploi… Beaucoup d’entre eux ont payé le prix de notre liberté de leur propre sang ».

En cette année 2015, le maire insistait en ces termes : « Faisons en sorte que nos stèles commémoratives ne restent pas des pierres stériles et que le devoir de mémoire si souvent évoqué, ne devienne pas une expression creuse et vaine, surtout dans notre région cruellement marquée ». Et d’évoquer ainsi les champs de bataille des Vosges, d’Argonne, du Vauquois ou de Verdun.

L’un des plus beaux exemples de foi et d’intelligence…

Le premier magistrat de la ville insistait encore : « si Remiremont fut relativement épargnée, elle n’en a pas moins connu une perturbation complète de sa vie civile, payant elle aussi un lourd tribut de la folie des hommes. La ville pleura 435 de ses enfants, s’ajoutant ainsi à la terrible liste des morts pour la France ». Et de traduire la suite à l’échelon mondial « l’horreur de 39-45, d’Hiroshima et de Nagasaki, les conflits régionaux nés de la Guerre Froide, les génocides du Rwanda, de Bosnie et du Kosovo, mais aussi en Ukraine, en Afghanistan et encore aujourd’hui en Syrie, sans oublier l’actuelle et angoissante montée des périls issue des idéologies extrémistes et du fanatisme religieux. Tous viennent rappeler de quoi l’être humain est capable, et qu’il n’y aura peut-être jamais de Der des Ders ».

Bernard Godfroy posa alors cette interrogation : « Faut-il abdiquer alors tout espoir et considérer la paix comme un simple répit entre deux guerres ? » et de préciser  « je m’y refuse, non seulement en tant qu’homme, mais aussi en tant que citoyen d’un pays qui a su, après des siècles de haine partagée, tendre la main à l’Allemagne et établir avec elle de véritables et durables relations d’amitié. C’est là, à mon sens, la plus belle victoire que nous ayons offerte à la mémoire des combattants de 14-18 et l’un des plus beaux exemples de foi et d’intelligence donné à un monde, aujourd’hui pourtant au bord du précipice ».




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