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samedi 10 décembre 2016
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Menaces sur le TGV à Remiremont et Saint-Dié – Villes de France expose ses craintes

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À la demande de plusieurs adhérents, une rencontre a eu lieu entre trois conseillers* du ministre chargé des transports, Alain Vidalies, et une délégation d’élus de Villes de France au sujet de la réorganisation de la desserte TGV. En cours dans plus d’une quarantaine de villes membres du réseau de Villes de France, ces réorganisations se traduisent le plus souvent par la suppression de dessertes journalières, ou bien de la seule desserte subsistante, voire dans le meilleur des cas, par une substitution de desserte par rabattement organisé par TER, à partir de la métropole la plus proche. Cela entraîne pour les villes concernées des ruptures de charges, crée des difficultés d’accès à l’emploi, et constitue une atteinte profonde à l’aménagement du territoire.

getImageEmLors de cette rencontre, Frédéric Leturque, maire d’Arras, a souligné que  » la démarche dans laquelle s’inscrit la délégation de Villes de France résulte d’une difficulté majeure : appréhender dans sa globalité le schéma de réorganisation ferroviaire en France « . La dernière réforme ferroviaire consacre toujours l’État comme la principale autorité organisatrice en la matière. Et pourtant, la SNCF raisonne souvent en termes d’économies de production à court terme, et de moins en moins, en termes d’aménagement du territoire, et d’articulation de l’ensemble de la chaîne des déplacements ferroviaires (grande vitesse / TET / TER).  » Il faut une véritable stratégie pour la filière ferroviaire « .

David Valence, maire de Saint-Dié-des-Vosges, président de la commission en charge des transports pour la région Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine, a fait part de son inquiétude sur la pérennité de ce service qui est souvent  » une vitrine pour les villes de France concernées, et qui draine une population de cadres et de professions supérieures « . Celui-ci reconnaît que les seuils de rentabilité ne sont pas toujours atteints, mais il estime que les collectivités locales (région-département-agglomération) sont en droit d’attendre un retour quand celles-ci ont largement co-financé les infrastructures, ou l’électrification de tronçons de ligne. « Les élus locaux ont besoin de visibilité dans le temps, notamment en ce qui concerne la desserte ferroviaire ». Et cela, pour pouvoir anticiper leurs politiques publiques vis-à-vis des habitants, qui eux sont bien réels.

Philippe Rogala, maire de Horbourg-Wihr et Vice-Président de Colmar Agglomération, a lui insisté sur l’état de crispation de son territoire, vis-à-vis des évolutions de desserte TGV. Les préconisations de la Cour des comptes, qui vont d’ailleurs dans le sens de la politique menée par la SNCF (trop d’arrêts dans les gares secondaires), doivent être atténuées pour au moins deux raisons. D’une part, par rapport aux ruptures de charges que cela entraîne pour le voyageur, qui en l’absence de service de substitution efficace quitte définitivement le service ferroviaire, et d’autre part, au regard des cofinancements assurés pour le financement du TGV Est européen. En outre, les politiques tarifaires sont souvent incompréhensibles, et il existe une offre trop restreinte pour les jeunes.

La délégation des élus de Villes de France a enfin souligné que si la SNCF ne respectait plus ses engagements sur les niveaux de dessertes, les collectivités concernées seraient prêtes à étudier toutes les voies de recours pour récupérer les fonds qui ont été localement investis.

En réponse à ces différentes interventions, les conseillers du ministre chargé des transports, Alain Vidalies,ont indiqué comprendre l’esprit de la démarche de Villes de France, et partager l’inquiétude des territoires concernés. Des contraintes fortes obligent néanmoins l’État et la SNCF à redéfinir actuellement le contenu du service ferroviaire, en discussion dans le cadre du contrat de performance liant l’état et la SNCF (trois EPIC) : les moyens financiers de plus en plus contraints, le développement des financements croisés pour les LGV nouvelles, l’organisation des acteurs et leurs référentiels, les contraintes de sécurité…

En conclusion de cette rencontre, il a été convenu que Villes de France centraliserait et transmettrait au cabinet d’Alain Vidalies, à travers des fiches de situation, les problématiques locales. Un courrier a été envoyé à cet effet à l’ensemble des adhérents.

* Personnes rencontrées pour le ministère des transports : M. Jean MALLOT, conseiller spécial auprès du secrétaire d’Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche – M. Patrice SAINT-BLANCARD, conseiller services ferroviaires et transports collectifs – Mme Constance DELER, conseillère en charge des relations avec le Parlement et les élus

 




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