Search
samedi 3 décembre 2016
  • :
  • :

Remiremont – Deux acquisitions majeures dans les musées

image_pdfimage_print

hadol_bohemiens_au_repos_recoupéLes musées de Remiremont viennent de faire deux acquisitions majeures par le biais de deux préemptions accordées par l’Etat : l’acquisition d’un dessin à l’encre aquarellé de Paul Hadol, un caricaturiste de presse, originaire de Remiremont, à la très prestigieuse vente du milliardaire américain Christopher Forbes, dont le père à fondé le fameux classement Forbes des grandes fortunes mondiales.

Christopher Forbes a été dès son plus jeune âge un passionné de Napoléon III et est devenu le plus grand collectionneur au monde d’œuvres, d’archives et de souvenirs liés à Napoléon III et au Second Empire, vente fleuve sur trois jours où un record de préemptions publiques a été réalisé, près de 40 réalisées par notamment six musées nationaux et les archives nationales de France.

Liens : http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/la-collection-forbes-d-oeuvres-d-art-du-second-empire-vendue-aux-235709

Ce qui vaut à Remiremont d’être cité dans un communiqué de presse du Ministère de le Culture du 8 mars dernier, ce qui est une première !

Cette œuvre de Paul Hadol (Remiremont, 26 février 1835-Paris, 26 novembre 1875) intitulé « Les Bohémiens au repos » est en fait un dessin satyrique représentant l’Empereur et l’Impératrice dans ce qui est une loge d’artistes de cirque en 1856. Année de naissance de son fils, le prince impérial Louis-Napoléon Bonaparte.

Ce dessin représente les deux fils naturels (nés en 1843 et 1846) de Napoléon III et la maîtresse de l’Empereur, tous à ses pieds, l’actrice anglaise Hariet Howard (1823-1865) qui finança le coup d’Etat du 2 décembre 1851 et éleva ces enfants jusqu’en 1854. Après cette date, ils furent confiés à leur mère qui se maria avec Pierre Bure, frère de lait de l’Empereur qui les adopta en 1858. Bure deviendra 1865, trésorier général de la couronne et des biens personnels de l’empereur. Sans doute une récompense pour service rendu. C’est cet homme, assis sur un tambour, en position d’autorité en quelque sorte, qui reçoit Napoléon III.

Ces deux fils sont nés de la relation de l’Empereur avec Eléonore Vergeot (1820-1886), fille d’un tisserand, qui est autorisée à visiter et à s’occuper du linge du futur empereur emprisonné à perpétuité pour une tentative, déjà, de coup d’Etat, dans la forteresse de Ham (Somme) entre 1841 et l’évasion du prince en 1846. Elle a également fait la connaissance de Pierre Bure à plusieurs reprises en visite à Ham.

L’impératrice Eugénie est représentée cousant, comme étrangère à la scène, et portant une couronne. Elle se marie avec l’Empereur en 1853.

En somme, il s’agit d’une page de l’histoire intime de la vie de Napoléon III et de l’histoire de la France qui se révèle en creux dans cette superbe aquarelle. N’oublions pas qu’il a régné plus de 20 ans sur la France d’abord en temps que Président de la République Française (déc. 1848-déc. 1852), puis Empereur de 1852 à la défaite contre les prussiens en 1870 et s’exile en Angleterre.

La deuxième œuvre acquise l’a été le 23 mars dernier à Paris cette fois à L’Hôtel Drouot où un rare portrait réalisé par Ernest Wittmann (Sarre-Union, 1846-Rupt-sur-Moselle, 1921), inédit, était présenté à la vente. Peinture réalisée vraisemblablement entre 1895 et 1899, ensuite il abandonne la peinture pour se consacrer à la sculpture et à ses fameuses terres cuites des frères Mougin.

Ce tableau de facture moderne et enlevée est le premier tableau de l’artiste élevé à Remiremont par son oncle puis qui y a tenu une teinturerie jusqu’en 1883 avant de partir pour Nancy, puis pour Paris en 1896 pour se perfectionner dans son art auprès de Victor Prouvé, un des fondateurs de l’Ecole de Nancy avec Emile Gallé.

Ces deux oeuvres sont exposées dans la salle d’exposition temporaire du Musée Charles de Bruyères en accès libre jusqu’au 21 mai 2016.

Date à laquelle le tableau rejoindra la salle de peintures françaises du musée et le portrait de Wittmann peint par son maître Prouvé et les cinq sculptures en bronze de l’artiste et ses quelques terres cuites conservées par le musée.

L’aquarelle rejoindra ensuite les réserves du musée pour trois ans afin de préserver la qualité des couleurs pour des raisons de conservation en vigueur dans un « Musée de France ».

0032-1




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *