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vendredi 9 décembre 2016
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Saulxures-sur-Moselotte – Reprise de Fibers par Carora Fibres : les salariés de Cirval alertent les élus de la com’com avant la signature du bail !

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Photographies : Claude Noël.

Ce samedi 21 mai 2016, le conseil communautaire de la communauté de communes de la Haute-Moselotte (CCHMO) se réunissait à 9 heures 00 en son siège de Cornimont pour délibérer de l’avenir de l’ancienne usine Fibers, sur le site de la Médelle, à Saulxures-sur-Moselotte dont elle est propriétaire. Ses élus, issus des cinq communes de La Bresse, Cornimont, Saulxures-sur-Moselotte, Thiéfosse et Ventron se prononcaient pour autoriser le président Jean-Claude Dousteyssier à signer le bail d’occupation du site avec Carora Fibres. Cette société va prendre possession de l’outil de production de Fibers, liquidée en mars 2015 au bout de dix mois d’activité.

P1000769Coup de théâtre en début de conseil communautaire. Jean-Claude Dousteyssier, président de la CCHMO, a annoncé avoir reçu un mail vendredi 20 mai 2016 de la part des salariés de Cirval, une entreprise de recyclage de fibres plastiques de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), dirigée par William Perrée. Ce dernier est également le directeur général du projet présenté par Carora Fibres, spécialisée dans la production de matières plastiques.

En effet, le personnel de Cirval a alerté le président sur le fait que ”Cirval est actuellement en redressement judiciaire et bientôt en liquidation judiciaire. Un salarié a eu un bras arraché en septembre 2014 et le préfet du Haut-Rhin est intervenu pour des raisons de sécurité”.

Devant cet élément inattendu, Jean-Claude Dousteyssier a réagi en soulignant : “les choses sont largement engagées. Le bail commercial nous couvre largement. On est attentif à ce qui se passera”. Il a assuré « Carora Fibres est propriétaire des locaux immobiliers. L’administration viendra vérifier si l’activité est exercée conformément à la loi”.

Il a ensuite rappelé “pourquoi la communauté de communes s’est investie dans ce dossier. Parce qu’il était porté par un industriel reconnu depuis 30 ans. C’était une opération blanche puisque le rachat pour 900.000 euros de l’usine de la Médelle était couvert par un crédit-bail de 12 ans”.

Puis une juriste du cabinet nancéien Fidal a présenté le bail remis à l’ensemble des élus : une usine de 8.000 mètres carrés au sol sur un terrain d’environ 2,5 hectares destinée à la production de matières plastiques en reprenant la ligne de production en place. Sur la solidité des planchers, elle a relevé que “la surface de portance des dalles du bâtiment a été modifiée par les travaux de Fibers”. Quant à la durée du bail, “le preneur est autorisé à y donner congés tous les trois ans. Au terme des 10 ans du bail, le preneur aura la possibilité de donner congés. Il prend à son compte toutes les charges du bâtiment. Il ne devra pas de causer de préjudices au voisinage, pas de pollution, pas de gêne. Toute son activité vis-à-vis du respect de l’environnement est de sa responsabilité. Le bailleur n’a aucune obligation de surveillance, elle revient au preneur. Toute construction ou démolition sera soumise à l’autorisation du bailleur et aux frais du preneur”.

Option d’achat à la quatrième année pour 250.000 euros.

En contrepartie de la modicité des loyers, le preneur “prendra à sa charge la réfection des planchers s’il estime qu’ils ne sont pas suffisamment solides. Il devra aviser le bailleur de toute modification qui augmenterait les charges d’assurance”. Un loyer de 1.000 euros par mois la première année (12.000 euros sur la première année) compte tenu que l’entreprise ne pourra pas exercer son activité d’emblée puis 3.000 euros par mois (36.000 euros par an) avec option d’achat à la quatrième année pour 250.000 euros. De plus, le preneur supportera les impôts et taxes foncières. Un dépôt de garantie légal doit être déposé le jour de l’entrée en possession.

D.J.

Des négociations en cours depuis plusieurs mois.

Depuis plusieurs mois, des négociations étaient en cours avec la société Carora Fibres pour la reprise du site industriel de la Médelle et le redémarrage de l’unité de production sur place. Un bail commercial a été rédigé par l’intermédiaire des deux conseils respectifs. Le conseil communautaire sera donc appelé à se prononcer sur cette location.

Carora Fibres a été fondée le 25 mars 2016 comme nous le révélions iciSelon Jérôme Mathieu, premier vice-président de la communauté de communes « les prochains mois seront consacrés à la remise en service de la ligne de production. Ensuite, la production devrait pouvoir commencer à la fin de l’année 2016 ».

Ses statuts précisent que Carora Fibres a pour objet « l’achat, la vente, la commercialisation, le négoce et la production de tous produits polymères, vierges, recyclés ou bio-sourcés, pour toute application et l’import-export de ces produits et la réalisation de prestations de services de toutes natures, notamment la communication ».

Son PDG est Sedki Chayata. Celui-ci est également PDG de Malek Global Trading, une société sans salarié établie à Tunis (Tunisie), qui est spécialisée dans le secteur d’activité du conseil pour les affaires et autres conseils de gestion.

Carora Fibres est dirigée par six administrateurs, cinq Tunisiens et un Français. Cinq Tunisiens, en l’occurrence Sedki Chayata, Jomaa Lajili, qui a racheté le 8 décembre 2015 pour 300.000 euros l’outil de production qui avait coûté 3 millions d’euros à Fibers, Mongi Mami, Samy Mami et Said Tayri. Et donc un Français, c’est-à-dire le Colmarien William Perrée, 50 ans.

Geprom puis Cirval

Ce dernier était d’abord gérant de Geprom à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), usine de traitement de déchets d’emballages plastiques créée le 11 septembre 2008 et liquidée le 11 avril 2012. Puis l’entreprise Cirval lui a succédé le 28 février 2012 avec William Perrée, pour directeur général.

Cirval se concentre sur le traitement des déchets d’emballages ménagers qui échappent aujourd’hui au circuit volumineux de la collecte sélective auprès des habitants. On parle ici non des bouteilles et flacons, mais des pots et barquettes ainsi que des films et paquets d’emballage.

Saulxures-sur-Moselotte devrait accueillir une activité similaire à celle de Sainte-Marie-aux-Mines. Un projet très attendu par les 40 licenciés de Fibers toujours à la recherche, pour une majorité d’entre eux, d’un emploi.

D.J.




Une réaction sur “Saulxures-sur-Moselotte – Reprise de Fibers par Carora Fibres : les salariés de Cirval alertent les élus de la com’com avant la signature du bail !

  1. froissard

    Après la déconvenue du dossier FIBERS les Elus semblent avoir tiré des enseignements . Un dossier plus sérieux a été présenté – dont acte
    la balle est dans le camp des nouveaux repreneurs- nous avons retenu les engagements des uns et des autres- les dernières informations reçues laissent cependant des craintes sur la finalité du projet – l’intervention citoyenne a permis de poser des questions sur la teneur du dossier FIBERS, On ne peut que se féliciter que notre message soit passé auprès des élus., qui ont pris la dimension de nos remarques, dont la pertinence n’est plus à démontrer . restons vigilants .

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