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vendredi 9 décembre 2016
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Bilan climatique de mai et du printemps 2016

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MeteoNews annonçait un printemps « pourri » dans ses tendances saisonnières six mois à l’avance… Pari gagné, pour le plus grand malheur des Français après un hiver déjà tristounet. Frédéric Decker, de MeteoNews, revient sur l’aspect climatique du mois de mai et du printemps 2016.

La fraîcheur a largement dominé encore en mai, entrecoupée toutefois par quelques périodes chaudes, notamment du 5 au 13, les 20-21 et du 26 au 28, soit finalement quasiment la moitié du mois. Cette sensation de fraîcheur a pourtant pesé lourd dans une impression négative, renforcée par l’humidité et la couverture nuageuse comme nous le verrons dans quelques lignes. Au final, avec une moyenne nationale de 14,5 degrés, le mois de mai 2016 affiche une valeur parfaitement conforme à la normale 1981-2010. Le nombre de jours de chaleur est lui aussi conforme. En revanche, les gelées du début de mois sortent quelque peu de la normalité. Il a en effet gelé par exemple à Beauvais, Creil, Chartres, Châteaudun, Charleville-Mézières, Niort, La Roche-sur-Yon, Guéret, Vannes, Lorient, Le Mans, Romorantin, Le Touquet, Nevers, Luxeuil, Epinal, Mende…

Quant au printemps météo, du 1er mars au 31 mai, il est évidemment très frais cette année. Avec 10,9 degrés de moyenne nationale, il affiche un déficit de 0,4 degré par rapport à la normale. Assez loin toutefois du printemps 2013 et ses 10,1 degrés de moyenne seulement. Cette année, mars indiquait un déficit thermique de 0,8 degré, avril 0,1 degré et donc mai dans les clous.

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Que d’eau !

La pluie est tombée fréquemment et abondamment en mai, en particulier sur un large quart nord-est comprenant la région Centre et le Bassin Parisien. La dernière décade du mois a été exceptionnellement arrosée sur ces régions, battant tous les records pour cette période de l’année et entraînant logiquement des crues remarquables, notamment dans le Bassin de la Seine (Loing, Grand Morin, Orge etc) et dans le Loiret. A contrario, la Bretagne a connu un mois de mai… sec ! Avec 89 mm de moyenne nationale, la France a reçu 31% de pluie en trop, loin derrière mai 1984 et ses 114 mm. Toutefois, les régions Centre, Picardie, Bourgogne et Ile-de-France ont connu leur mois de mai le plus pluvieux depuis les premiers relevés météo.

De nombreux records sont évidemment tombés sur 24, 48, 72 heures, également sur une semaine ou encore sur la troisième décade et bien sûr sur le mois entier: Il est tombé jusqu’à 260 mm à Château-Chinon dans la Nièvre, record national en plaine, ou encore 208 mm à Blois et 193 mm à Trappes. Paris-Montsouris a non seulement pulvérisé le record du mois de mai le plus arrosé, 179 mm en mai 2016 contre 134 mm en mai 1856, mais a aussi connu un des mois les plus pluvieux tous mois confondus : deuxième plus arrosé depuis l’ouverture de Paris-Montsouris (1873) derrière juillet 2001 et ses 204 mm, et quatrième plus arrosé si l’on ajoute les relevés de l’observatoire de Paris remontant à 1770, derrière août 1784 (201 mm), juin 1854 (189 mm) et donc juillet 2001 (204 mm). Seules la Bretagne (6 mm seulement sur l’île de Bréhat), la Côte d’Azur et la Corse (4 mm au Cap Corse) ont connu un mois de mai plus sec que d’habitude.

Le bilan du printemps n’est pas beaucoup plus réjouissant côté pluie : mars avait déjà été très arrosé, avril plus proche des normales. Ce nouveau mois pluvieux en mai accroit l’écart. L’hexagone a en effet reçu 219 mm de pluie en moyenne sur les trois mois de printemps pour une normale de 186 mm, soit 18% d’excédent. Cette valeur n’est pas exceptionnelle, souvent dépassée, en 2013 pour la dernière fois. Le record appartient au printemps 1983 avec 275 mm en moyenne sur le pays, printemps marqué par de graves inondations dans l’est du pays notamment.

Et le soleil dans tout ça ?

L’absence plus que remarquée de l’anticyclone des Açores s’est évidemment manifestée par un ensoleillement en berne en mai… comme les mois précédents. L’astre du jour a brillé 191 heures dans le mois en moyenne nationale, soit un déficit de 10%, plus marqué toutefois sur la fin du mois. Déficit finalement assez réduit, grâce notamment à une première décade lumineuse.

497 heures de soleil en moyenne nationale sur le printemps, c’est évidemment sous la normale 1981-2010 qui est de 548 heures, déficit proche de 10%. Mai est d’ailleurs le cinquième mois consécutif déficitaire en ensoleillement. Depuis 1945, neuf printemps ont toutefois été moins lumineux encore que 2016, avec un record de faiblesse au printemps 2013 avec 437 heures seulement.

Un printemps peu agréable dans l’ensemble : frais, humide et sombre. A tout cela s’ajoutent des fortes gelées tardives fin avril jusqu’au 2 mai, faisant des dégâts au niveau agricole, notamment dans les vignes entre l’Anjou et la Bourgogne. La grêle s’en est mêlée également, provoquant des dégâts, en particulier dans les vignobles. Les nombreuses crues et inondations ont encore aggravé la situation dans les régions éprouvées ces derniers mois par des intempéries répétitives. Cinq premiers mois 2016 bien négatifs en météo…




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