Search
jeudi 8 décembre 2016
  • :
  • :

Le Thillot – Gens du voyage au Prey : le pasteur livre sa version des faits

image_pdfimage_print
au cœur de la « réunion » comme ils l’appellent, chants et témoignages humains sans pudeur.

Au cœur de la « réunion » comme ils l’appellent, chants et témoignages humains sans pudeur.

Les tensions ont été et restent vives avec l’arrivée des gens du voyage au Prey. Pour l’un des responsables du rassemblement évangélique, la discrimination et le rejet sont quasi-permanents.

L’arrivée de 125 caravanes de gens du voyage au Prey a provoqué un tollé de commentaires sur les réseaux sociaux. Après quelques minutes de lecture de quelques-uns de ces messages, souvent accusateurs, quelquefois insultants, le pasteur Pikouik, l’un des cinq pasteurs présents sur place se redresse et lâche avec force « Tout cela est faux !» avant d’argumenter en sortant quelques feuillets de son classeur administratif. « Comme à chaque fois, nous avons envoyé des courriers à la Préfecture des Vosges afin d’annoncer notre venue. Et comme souvent, la réponse a été : nous n’avons pas de terrain. Faites comme d’habitude ! ».

Dans les Vosges, il existe quelques aires d’accueil adaptées, mais de petite capacité. Il en existe une à Saint-Nabord, plus importante, appelée aire de grand passage dont la capacité ne dépasse pas 50 caravanes. Difficile donc d’en stationner 125 ! « Dans ces circonstances, nous nous appuyons sur la connaissance du terrain qu’ont certaines personnes de notre communauté » précise le pasteur évangéliste « Nous cherchons à créer le moins de nuisance possible, en choisissant des lieux publics, éloignés des habitations afin gêner le moins possible ». Et le pasteur de confier avoir rencontré le maire de la commune lundi à 14 h, en lui expliquant qu’il était prêt à quitter ce terrain dans l’heure qui suit s’il en mettait un autre à disposition. « Il nous a confié qu’il n’avait pas d’autre terrain à nous proposer » témoigne le pasteur « Nous avons de plus appris que ce terrain n’était pas public, mais agricole et nous avons rencontré les exploitants pour discuter ».

Tant avec la mairie qu’avec les exploitants, les négociations ont été tendues sur le montant des indemnisations. « Nous n’envisageons pas un instant de ne pas payer !» explique-t-il avec conviction « Encore faut-il que les prix soient cohérents. La mairie nous a demandé de payer 5.000 €uros, là où le Grand Nancy nous a facturé 300 €uros pour 200 caravanes sur une durée de deux semaines » explique-t-il en exhibant la facture « Il en est de même des discussions avec les exploitants du terrain. Ils demandaient 1.000 €uros, alors que nous occupons un espace volontairement restreint générant une perte de production estimée d’une dizaine de bottes de 400 kilos de regain au prix de 30 €uros la botte. De plus, étant moi-même descendant d’agriculteur, je sais pertinemment que notre passage sera quasiment invisible dans une quinzaine de jours. Des négociations difficiles qui trahissent le sentiment de rejet dont nous sommes l’objet en permanence » avant de conclure « Je considère qu’il s’agit d’une forme de discrimination ».

Ce rassemblement évangélique est tout ce qu’il y a de pacifique. « Nous sommes là pour prêcher la parole de Dieu » explique le pasteur « Durant les trois mois de l’été, ces rassemblements se succèdent dans toute la France ». La prière y occupe bien évidemment une place de choix, avec messes et réunions d’évangélisation. Des moments que la communauté veut ouverts à tous. Prévu initialement pour une durée de deux semaines, le rassemblement prendra finalement fin dimanche dans l’après-midi. Un autre rassemblement est prévu à Fontaine, près de Belfort, où un vrai terrain attend les caravanes. « Avant de quitter les lieux, nous nettoierons le terrain, comme nous le faisons à chaque fois » lance le pasteur en guise de réponse à quelques messages très critiques lâchés sur les réseaux sociaux.

Article participatif de José Fyot.