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vendredi 2 décembre 2016
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Saulxures-sur-Moselotte – Ancienne usine Fibers : le directeur de Carora Fibres a liquidé une deuxième entreprise en Alsace

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Le 21 mai 2016, le bail commercial a été signé par Jean-Claude Dousteyssier, président de la CCHMO et William Perrée, directeur général de Carora Fibres, aux côtés de Sedki Chayata, PDG de Carora Fibres. Photographie d'archives.

Le 21 mai 2016, le bail commercial a été signé par Jean-Claude Dousteyssier, président de la CCHMO (au centre), et William Perrée, directeur général de Carora Fibres, aux côtés de Sedki Chayata, PDG de Carora Fibres. Dix jours avant la liquidation judiciaire de Cirval dirigée par William Perrée. Photographie d’archives.

Samedi 21 mai 2016, le conseil communautaire de la communauté de communes de la Haute-Moselotte (CCHMO) a autorisé le président Jean-Claude Dousteyssier à signer le bail d’occupation de l’ancienne usine de la Médelle, avec Carora Fibres. Cette société a pris possession de l’outil de production de Fibers, liquidée en mars 2015 au bout de dix mois d’activité. Carora Fibres est dirigée par William Perrée qui était auparavant à la tête de deux sociétés à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), dans le secteur d’activité similaire, liquidées en avril 2012 et en mai 2016.

Ce conseil communautaire avait commencé par un coup de théâtre. Jean-Claude Dousteyssier, président de la CCHMO, avait annoncé avoir reçu un mail vendredi 20 mai 2016 de la part des salariés de Cirval, une entreprise de recyclage de fibres plastiques de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), dirigée par William Perrée. Ce dernier est également le directeur général du projet présenté par Carora Fibres, spécialisée dans la production de matières plastiques.

Le personnel de Cirval avait alerté Jean-Claude Dousteyssier sur le fait que ”Cirval est actuellement en redressement judiciaire et bientôt en liquidation judiciaire. Un salarié a eu un bras arraché en septembre 2014 et le préfet du Haut-Rhin est intervenu pour des raisons de sécurité”. Des propos consignés dans le compte-rendu officiel de la communauté de communes à lire ici.

Et bien, les faits ont rapidement donné raison au personnel de Cirval. Dix jours plus tard, le mardi 31 mai 2016, Cirval a été déclarée en liquidation judiciaire par le Tribunal de Grande Instance de Colmar comme l’ont rapporté nos confrères des Dernières Nouvelles d’Alsace ici et comme le confirme un site spécialisé ici.

Cirval est la deuxième entreprise consacrée au recyclage plastique et dirigée par William Perrée qui subit les affres de la liquidation sur le même site de Sainte-Marie-aux-Mines.

Geprom puis Cirval

William Perrée était d’abord gérant de Geprom à Sainte-Marie-aux-Mines, usine de traitement de déchets d’emballages plastiques créée le 11 septembre 2008 et liquidée trois ans et demi plus tard, le 11 avril 2012. Lire l’annonce officielle ici.

Puis l’entreprise Cirval lui a succédé le 28 février 2012 avec William Perrée, pour directeur général.

Cirval se concentrait sur le traitement des déchets d’emballages ménagers qui échappent aujourd’hui au circuit volumineux de la collecte sélective auprès des habitants. Elle a connu un fonctionnement pour le moins chaotique. Le 29 septembre 2014, les salariés de l’entreprise Cirval ont exercé leur droit de retrait car quelques jours plus tôt, un terrible accident du travail s’y était produit le dimanche 21 septembre 2014. Un ouvrier avait eu le bras arraché par une machine et il avait dû ensuite s’équiper à ses frais d’un bras artificiel de 35.000 euros. Lire l’article des DNA ici et celui de L’Alsace ici.

Un an plus tard, le 12 septembre 2015, selon un article du journal L’Alsace, « des habitants de Sainte-Marie-aux-Mines et des environs sont venus nettoyer autour de l’usine Cirval ». Dans cet article, nos confrères alsaciens révélaient que « la ville se plaint d’une pollution de plus en plus prégnante et pointe également des manquements à la sécurité ». Lire l’article de L’Alsace ici.

Saulxures-sur-Moselotte : un projet de la production de matières plastiques.

Carora Fibres a repris en location l’ancienne usine de la Médelle (8.000 mètres carrés au sol sur un terrain d’environ 2,5 hectares) pour y produire des matières plastiques. Pour cela, elle a repris la ligne de production en place, pour 300.000 euros alors qu’elle avait coûté dix fois plus (3 millions d’euros) à Fibers à grands coups de subventions.

Durant cette première année, Carora Fibres verse un loyer modique de 1.000 euros par mois (12.000 euros sur la première année) compte tenu que l’entreprise ne peut pas exercer son activité d’emblée, le temps de remettre en service l’outil de production. Ensuite, son loyer s’élèvera à 3.000 euros par mois (36.000 euros par an) avec option d’achat à la quatrième année pour 250.000 euros.

Ce qui revient à écrire qu’en 2020, l’usine de la Médelle pourrait revenir à Carora Fibres pour la somme totale de 334.000 euros (12.000 euros de loyers la première année, 36.000 euros de loyers la deuxième année, 36.000 euros de loyers la troisième année et achat à 250.0000 euros la quatrième année). On sait que ladite usine a été achetée 900.000 euros avant subventions, le 25 janvier 2013, par la communautés de communes de la Haute-Moselotte auprès de la société Incopar.

D.J.

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Une réaction sur “Saulxures-sur-Moselotte – Ancienne usine Fibers : le directeur de Carora Fibres a liquidé une deuxième entreprise en Alsace

  1. froissard

    Les vautours sont de retour, pour tenter une fois de plus de spolier la collectivité publique, en faisant l’acquisition de l’usine de la Medelle pour un prix total de 334000 euros, alors que la communauté de communes l’a acquise 900.000 euros. Quelle confiance accorder à ce repreneur ,alors qu’on apprend qu’il a liquidé une autre entreprise en Alsace . Ce projet risque une nouvelle fois, encore d’accoucher d’une souris, pour une opération qui s’avérera fort couteuse, aux frais du contribuable. la nouvelle Com;com, va t-elle reprendre ce bâton merdeux ? Arrêtons cette gabegie , dont il faudra tôt ou tard ,rendre compte du fiasco économique et financier .

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