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vendredi 2 décembre 2016
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Remiremont – Jean-Paul Didier : « Nous allons redonner un sens à notre action et restaurer la sérénité et la réussite »

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Jean-Paul Didier.

Jean-Paul Didier.

Nous vous l’annoncions ce vendredi 7 octobre 2016, Jean-Paul Didier a décidé de revenir sur la scène politique dans laquelle il est entré depuis 1977. Il sera candidat à la tête d’une liste lors des élections municipales anticipées des 6 et 13 novembre 2016. Avec l’espoir de retrouver son fauteuil de maire qu’il a occupé durant deux mandats de 2001 à 2008 et de 2008 à 2014.

– Quel regard portez-vous sur ces deux dernières années du conseil municipal de Remiremont ?

« Les retours que me donnaient mes colistiers minoritaires au Conseil, étaient effarants. Ils me décrivaient une inertie, un manque de travail, un gâchis financier, un clientélisme et un copinage coupables qui dégradaient inexorablement l’état de notre commune. J’en étais triste et écœuré ».

– Quelles leçons avez-vous tiré du scrutin de 2014 ?

« J’assume complètement ma défaite de 2014. Il est difficile de discerner ce qui appartient aux circonstances et ce qui tient de l’homme. Je retiens que, malgré le poids des affaires, il faut savoir donner plus de temps au terrain et se montrer plus accessible ».

– Après avoir démissionné du conseil municipal, qu’avez vous fait durant ces deux années sans mandat politique ?

« Avec mon épouse, nous avions retrouvé du temps pour nous et les projets familiaux. J’ai trouvé et découvert une liberté totale dont je n’avais jamais joui ».

– Aviez-vous envisagé de revenir un jour en politique ?

« Pas du tout, j’avais tiré un trait sur la vie publique. Je n’ai, sur ce plan, aucun égo à satisfaire. J’ai beaucoup donné pendant 37 ans à ma Ville et ai fait mes preuves comme adjoint, puis comme Maire, au sein des différentes structures intercommunales ».

– Qu’est-ce qui vous pousse à être à nouveau candidat ?

« Voir anéanti en deux ans ce que nous avions construit et élaboré en 13 ans, au niveau communal, au niveau de l’hôpital, des structures intercommunales, m’a désolé. Mon équipe avec laquelle nous avons continué nos rencontres et nos échanges, m’a décidé, avec l’accord de mon épouse, à reprendre le travail. Car il s’agit bien d’un énorme travail, dont les gens ne soupçonnent pas l’importance ».

– Pouvez-vous nous rappeler votre passé d’élu romarimontain ?

« Jeune président du club de Judo, j’ai été sollicité par une grande figure de l’époque : Etienne Chabrier. Je suis entré en 1977 comme adjoint à la jeunesse et aux sports avec Gilbert Zaug, qui m’a fait confiance. J’ai ensuite travaillé pendant trois mandats avec Christian Poncelet à qui j’ai succédé en 2001 pour 13 ans. J’ai été aussi élu par les élus locaux Président de la communauté de communes et du Pays de Remiremont. Ainsi, quand je passe devant les médiathèques ou les casernes neuves de sapeurs-pompiers, je connais leur histoire et ses dossiers ».

– Quel projet allez-vous proposer aux Romarimontains ?

« Redresser la barre, restaurer la dynamique romarimontaine, en remettant l’exigence au goût du jour. Je n’oublie pas que c’est l’argent du contribuable que nous gérons, et toutes ces péripéties vont coûter cher.

La période du clientélisme et de l’injuste copinage est terminée, je n’ai toujours eu pour seul but que l’intérêt général et le bien public. A ceux qui m’attendent, je leur dis que le mauvais temps est terminé, et aux autres qu’il est temps de se remettre au travail.

Nous allons redonner un sens à notre action et restaurer la sérénité et la réussite ».

– Pouvez-vous nous présenter votre équipe et son éventuelle étiquette politique ?

« J’ai toujours travaillé avec des équipes de grandes qualités, avec des compétences individuelles et des qualités humaines certaines. Je ne travaille qu’avec des personnalités dont la loyauté et la fiabilité apportent une solidarité efficiente ».

– Si vous êtes élu, quelles seront vos premières actions ?

« Etablir un état des lieux. Me mettre à l’écoute. Lancer les réflexions puis agir. Tout cela dans un délai très court, car il y a urgence ».

– Question subsidiaire : est-ce vrai que vous auriez dit à Roger Durupt, après les élections de 2014, « vous avez entre les mains une Rolls, n’en faites pas une deux-chevaux » et considérez-vous que Remiremont soit devenue une deux-chevaux ?

« Je ne pensais que ça lui était resté en mémoire. Mais oui, c’est exact. Les services étaient reconnus par tous ceux qui venaient de l’extérieur comme performants. Mon management ne considérait que l’efficacité et la conscience professionnelle. J’ai lu l’intervention de Roger Durupt. Il énonce très honnêtement des travers, faits constatés par mes colistiers siégeant au conseil. Nous avons tous entendu et lu des révélations sur son manque de compétences, en particulier en matière financière, sur son autoritarisme et sur sa pratique du favoritisme. Les dernières réunions du conseil municipal auraient pu lui permettre d’essayer de réfuter ces reproches. Nous avons entendu à la place un silence assourdissant.

Je voudrais pourtant rendre hommage à ces 17 élus qui, au-delà du raisonnable, sont restés solidaires de leur tête de liste. Ils ont finalement eu la lucidité de dénoncer l’incurie et ont voulu rompre la spirale infernale du déclin. Il faut du courage pour reconnaître s’être fourvoyé et je le respecte ».

Propos recueillis par D.J.