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mardi 22 août 2017
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La Bresse – Polémique à propos de la nouvelle plaque d’identification du barrage de la Lande

L'ancienne plaque.

L’ancienne plaque.

« Du jamais vu ! » nous écrit Liliane Mengin pour les cinq élus du groupe minoritaire du conseil municipal de La Bresse. « Quelle ne fut pas notre stupéfaction et celles de plusieurs habitants de la Bresse, au détour d’une promenade,  de faire cette consternante constatation. Le barrage de la Lande s’est vu tout récemment soustraire sa plaque d’identification. Depuis 1998, elle indiquait  les noms des personnes présentes : Mr le préfet Bouhin, Mr le maire et conseiller général  Guy Vaxelaire et Mr le président de la Régie Municipale d’Electricité René Aubert, lors de l’inauguration en 1984 de cet important ouvrage porté il y a maintenant plus de 30 ans par la commune de La Bresse ainsi que l’année « 1998 », date anniversaire, le 15ème, actant d’un retour d’investissement réalisé ».

Elle a été remplacée dernièrement par une plaque précisant uniquement les dates de mise en service et d’inauguration et la présence du préfet Bouhin.

La nouvelle plaque.

La nouvelle plaque.

« Au vu de l’importance de ce dossier, de ce chantier du début des années 80, des difficultés et embûches administratives qu’il a fallut surmonter pour le mener à bien, nous ne pouvons qualifier cet acte que de honteux et lamentable » poursuit Liliane Mengin.

Selon l’élue qui siège dans l’opposition depuis qu’en 2014, la majorité a basculé de gauche à droite à La Bresse,  » Depuis maintenant une quinzaine d’années  il est rentable, aujourd’hui  les prêts sont remboursés, il contribue donc pleinement, via le reversement d’une partie des excédents de la Régie Municipale d’Electricité,  à la diversification du budget communal. De plus, il alimente en eau les canons à neige de la station voisine ainsi que la station de traitement d’eau de Belle-Hutte et en 2000, La Cote 750 a été réalisée ».

Liliane Mengin précise que « ce triste et inqualifiable constat a été remonté à la séance de conseil municipal du 7 novembre 2016, avec pour réponse de Mr Jerôme Mathieu, président de la Régie Municipale d’Electricité : comme les prêts sont remboursés, on a remis celle-là, et que le conseil d’exploitation de la RME  lors de sa prochaine séance décidera ou non de sa remise en place ».

Aux yeux de la minorité municipale, « la réponse est simple et immédiate, la plaque précédente doit reprendre sa place ! ».

La réaction de Guy Vaxelaire

Ce fut ensuite au tour de Guy Vaxelaire, maire et conseiller général honoraire, de réagir via un communiqué qu’il intitule « Hypocrisie et détermination : stop Mr Mathieu ».

Guy Vaxelaire y explique : « C’est en faisant une promenade sur les crêtes il y a trois semaines que j’’ai été informé que mon nom, celui du conseil municipal, de René Aubert ancien président et du conseil de la Régie d’électricité avaient disparu de la plaque commémorative du
barrage de la Lande.

C’est par le public présent à la dernière séance du conseil municipal du 7 novembre dernier que j’ai appris que vous aviez indiqué l’avoir fait déposer au prétexte que les emprunts du barrage étaient soldés… Cette hypocrisie et cette contre-vérité me contraignent à reprendre les faits :
Oui, ce fut une bataille juridique inouïe qui a duré plusieurs années et mobilisée, outre nous-mêmes, plusieurs préfets, tous les échelons de la justice administrative (tribunal administratif, cour administrative d’appel, conseil d’état) nous avons franchi et gagné chaque étape… même qu’en finale, la trésorière de l’association romarimontaine qui officiait contre ce projet a été condamnée personnellement et financièrement pour recours abusif… Nous n’avons jamais été dupes des opérateurs locaux qui encourageaient et nous complexifiaient la tâche !

Après toutes ces procédures, le début des travaux a pu démarrer et Monsieur Le Préfet Hubert Blanc est venu poser la première pierre le 1er décembre 1982 au pied du futur ouvrage (5 ans après le début de notre premier mandat) ceci prouvait ou nous consacrions notre énergie, nous !

Le plus gros chantier (barrage, conduite et centrale électrique) jamais réalisé par la commune a pu s’exécuter au cours de l’année 1983, nous avons tenu TOUS les délais avec une mise en service le 10 décembre 1983… Trois semaines après, le barrage dont certains avaient assuré qu’il serait toujours vide… était PLEIN.

Profitant du congrès de l’économie montagnarde qui se tenait en mai 1984 à la salle des fêtes de La Bresse, nous avions prévu l’inauguration de, ce qui était devenu une référence pour le développement de la montagne ; celle-ci devait se faire par le ministre de l’agriculture René Souchon… mais les organisations agricoles avaient prévu une manifestation sur place et le ministre s’est décommandé la veille au soir… Oui, nous avons dû improviser dans l’urgence une plaque d’inauguration le 29 mai 1984 avec la présence du Préfet en exercice Clément Bouhin sachant que Jean Valroff député et de nombreux élus, maires, députés et sénateurs d’autres départements étaient présents !

Par ailleurs, nous avions des détracteurs qui ont affirmé durant des années que cet investissement n’était pas rentable puis une décennie plus tard que c’était pas nous qui l’avions réalisé (vous connaissez bien le milieu depuis que vous l’avez rallié en habitant à La Bresse il y a moins de 10 ans).

Nous avons donc « fêté » le 15° anniversaire du barrage avec la fin du remboursement des emprunts en 1998 en posant une plaque regroupant et reprenant l’ensemble de celles qui étaient dispersées d’autant plus que CELLE, que vous prétextez et remettez, avait longuement disparu… Nous l’avons recherché en vain puis c’est lors du vidage du lac pour la garantie décennale que nous l’avons retrouvé au fond de l’eau puis installé au pied de Blanchemer dans le bâtiment de la centrale électrique ; laquelle avait bien été inaugurée par le préfet Bouhin.

Voici les faits et votre prétexte de dire : « les emprunts sont finis c’est pour cela que je l’ai fait enlever et on verra la suite lors d’une prochaine réunion » est trompeur voire mensonger… puisque c’est le cas depuis 18 ans pour le barrage de la lande. Un tel procédé est à mes yeux lamentable, vous pourriez aussi enlever toutes les plaques sur tous les bâtiments ou les emprunts sont remboursés (quasi tous) et demain faire disparaître la plaque commémorative posée à la retenue d’eau cote 750 au pied de Blanchemer puisque depuis cette année les annuités d’emprunt sont terminés et c’est une marge supplémentaire annuelle de 200 000 euros… Oh comme j’aurais voulu avoir en gérant la commune un tel héritage.

En concluant, je m’interroge, vous ne pouvez pas, comme hier pour la fermeture du collège, prendre de telles décisions sans en parler au maire et à vos collègues adjoints et quand bien même vous auriez une délégation générale, vous avez en démocratie des comptes à rendre à la municipalité, au conseil municipal et à la population. Je formulerai deux conseils : respecter le passé, prenez connaissance des pétitionnaires contre quasiment toutes nos réalisations… Ce sera édifiant des entraves et de la paralysie recherchée… Ressaisissez-vous si vous voulez durer ».

La réponse de Jérôme Mathieu.

Contacté par notre rédaction, Jérôme Mathieu, le président de la Régie Municipale d’Electricité, nous a répondu via un communiqué au nom de la municipalité de La Bresse.

« Effectivement, la plaque présente a été remplacée par la plaque d’inauguration d’origine du Barrage de La Lande. A notre sens, l’actuelle comportait trop d’informations pour une plaque d’inauguration » écrit Jérôme Mathieu.

Il poursuit : « Comme le dit la minorité, le barrage de La Lande prévu au départ pour la production hydro-électrique a maintenant d’autres usages, et en complément de cette plaque, nous allons refaire le panneau explicatif sur les caractéristiques, les usages et, bien entendu, en rappelant l’historique et les hommes qui ont contribué activement à la réalisation de cet ouvrage. Notre volonté n’est surtout pas d’effacer quoi que ce soit, juste de donner toutes les informations dans les meilleures conditions possibles et le plus lisiblement possible ».

Jérôme Mathieu estime ensuite que la minorité actuelle a la mémoire courte. « Du jamais vu ! Le groupe minoritaire à la mémoire courte. Eux-mêmes ont fait disparaître un monument a la mémoire de Joseph Remy et Antoine Gehin, inventeurs de la méthode moderne de pisciculture qui se trouvait sur la place du Champtel, lors des travaux de réhabilitation de celle ci, sans jamais le remettre en place, ni le remplacer par quoi que ce soit. Nous l’avons remis en valeur en bordure de rivière à proximité de la place du Champtel sans en faire une polémique stérile comme à l’habitude du groupe minoritaire qui ne trouve plus que ces méthodes pour exister ».

Note de la rédaction. La majorité et la minorité du conseil municipal ainsi que Guy Vaxelaire s’étant exprimés, nous considérons le débat clos entre les parties sur notre site.

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