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jeudi 14 déc 2017
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Politique – La Région Grand Est réagit face à la dégradation des voies ferrées sur les lignes régionales de voyageurs

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Depuis le printemps 2016, le Conseil régional du Grand Est a reçu des alertes officieuses de la part de SNCF Réseau sur la dégradation des voies ferrées sur les lignes régionales de voyageurs. Certaines de ces alertes ont été officialisées par SNCF Réseau lors de deux Comités régionaux des services de transport (COREST), qui se sont tenus à Sélestat le 6 octobre et à Lunéville le 18 octobre dernier, confirmant que SNCF Réseau ne serait pas en mesure de conserver les vitesses nominales d’exploitation sur l’intégralité des lignes ferroviaires.

Philippe Richert.

Philippe Richert.

Sans attendre d’être informé officiellement par SNCF Réseau, le Président de la Région Grand Est, Philippe Richert, a dénoncé cette situation dès le printemps 2016, en demandant aux autorités compétentes des précisions sur les impacts à prévoir pour les trains régionaux.

« La Région Grand Est consacre près de 600 Millions d’euros par an au ferroviaire, dont 430 Millions pour le fonctionnement des TER. Nous sommes attachés au bon fonctionnement de nos lignes. Et cela passe par le maintien des dessertes ferroviaires du territoire, une nécessité pour le développement du Grand Est et son aménagement. Pour cette raison, j’ai adressé plusieurs courriers aux différents acteurs et rencontré les Présidents de SNCF Réseau et Mobilités, ainsi que le Secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, pour que nous puissions réagir rapidement face à cette situation inacceptable. » a réagi Philippe Richert, Président de la Région Grand Est.

D’après SNCF Réseau, ces mesures sont dues au manque d’entretien des voies ferrées et de leur structure (rails, traverses et ballast) accumulé depuis plusieurs années voire décennies : les réductions de vitesses permettent alors de conserver les conditions nécessaires à une circulation des trains en toute sécurité. Le caractère obligatoire de ces mesures a été amplifié depuis les accidents ferroviaires intervenus ces dernières années, notamment à Brétigny.

Dans le Grand Est comme ailleurs en France, la dégradation globale de l’état du réseau ferroviaire de voyageurs s’amplifie et concerne un grand nombre de lignes. SNCF Réseau, propriétaire et gestionnaire des voies ferrées, n’est pas en mesure d’y faire face, ni financièrement ni techniquement. Les renouvellements de voies et de ballast (RVB) nécessitent en effet des engins de travaux particulièrement complexes, présents en nombre limité sur le territoire national.

Devant l’urgence et l’importance de cette problématique, et dans un esprit de responsabilité, le Président RICHERT a obtenu lors de la revoyure des Contrats de Plan Etat Région (CPER) une première enveloppe de 65 M€ pour engager, sur la période 2017 – 2020, les travaux les plus urgents, en vue de réduire au maximum les impacts sur la circulation des trains régionaux.

Mais ce sont près de 500 M€ qui seraient nécessaires pour réhabiliter l’ensemble des lignes impactées dans notre Région dans les dix années à venir !

Deux difficultés viennent s’ajouter à cela :
 le retard de maintenance déjà accumulé rend les réductions de vitesse imminentes sur certaines lignes,
 l’ampleur des moyens techniques à prévoir est telle que SNCF Réseau serait dans l’impossibilité matérielle de programmer l’ensemble des travaux nécessaires suffisamment vite pour éviter l’ensemble des ralentissements.

SNCF Réseau indique par ailleurs que les moyens déployés au plan national devraient permettre à la plupart des lignes touchées d’âtre à nouveau entretenues d’ici 10 à 15 ans.

Dans l’immédiat, la Région est victime de cette situation extrêmement grave, tout comme les usagers et les acteurs socio-économiques. En effet, la gestion et l’entretien des voies ferrées ne relèvent pas de la compétence des Régions, qui sont responsables de la mise en place des moyens de transport, mais de la responsabilité directe de SNCF Réseau, sous tutelle de l’Etat.

L’inscription des premiers crédits urgents à la revoyure des CPER, dont l’avenant sera proposé à la prochaine séance plénière du Conseil régional du Grand Est le 18 novembre, doit permettre de limiter au maximum les impacts. Les contraintes techniques fortes évoquées plus haut ne permettront cependant pas de garantir le maintien de solutions ferroviaires partout à court terme, le temps que les travaux soient réalisés.

Dans le Grand Est, les annonces officielles font état à ce jour d’une dégradation particulière de deux sections de lignes : Pont St Vincent – Vittel et Saales – St Dié, ce qui impliquera une limitation de la vitesse sur certains tronçons entre 10 et 40 km/h.

Les échanges techniques sur la programmation et le coût des travaux sont en cours. Pour autant, certaines informations erronées sont diffusées dans un esprit non constructif par des élus de l’opposition, notamment sur la ligne Pont St Vincent – Vittel.

Ces fausses informations font état d’un coût de travaux estimé à 400 000 € pour rétablir l’état nominal de ces 100 km de voies ferrées, soit 4 000 € par kilomètre, alors que les coûts habituels de réhabilitation d’une voie ferrée en mauvais état oscillent entre 500 000 € et 1 000 000 € par kilomètre, soit environ 75 M€ en première approche pour cette ligne ferroviaire.

Au-delà de l’erreur manifeste d’ordre de grandeur, l’expression des élus d’opposition concernés interpelle, alors que leur mobilisation au plan local apparaît relative et que la majorité politique nationale actuelle n’a pas mis en place les moyens nécessaires pour répondre à ce défi d’une ampleur inédite…

Aujourd’hui, plus que jamais, la Région Grand Est se mobilise pour essayer d’apporter les meilleures réponses aux usagers des transports, y compris en s’engageant au-delà de son strict périmètre de compétence. A ce titre, le Président Richert tient à souligner l’engagement personnel et le travail remarquable de David Valence, Conseiller régional et Président de la Commission « transports et déplacements ».

La poursuite des travaux techniques engagés avec SNCF Réseau a permis de circonscrire les impacts potentiels pour les années à venir à huit lignes ferroviaires, dont seules les deux sections de lignes citées plus haut seront touchées dès 2017. Ce travail doit désormais déboucher sur des engagements fermes des différentes parties prenantes en vue de pérenniser le réseau ferroviaire régional, vital pour l’aménagement du territoire et les besoins de mobilité de nos concitoyens.




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