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lundi 21 août 2017
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Remiremont – 11 novembre : « La mémoire contemporaine conserve le souvenir d’un grand élan collectif »

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Le 98ème anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918 a rassemblé toutes les générations dans la cité des chanoinesses. Une cérémonie suivie par une enthousiaste délégation d’enfants des écoles, de nombreux jeunes issus d’associations sportives de la ville et bien entendu les diverses autorités civiles et militaires, les représentants des services de défense, de secours et de sécurité, les porte-drapeaux, les sapeurs-pompiers, la musique municipale et la présence toujours remarquée du 1er Régiment des Tirailleurs d’Epinal.

En cette année 2016 et à 48 heures d’un second tour d’élections municipales anticipées, l’on y remarquait aussi la présence, sur le parvis de l’Hôtel de Ville, des candidats entourés de plusieurs de leurs colistiers. Jean-Paul Didier s’est placé ensuite à un carrefour de la ville pour assister au défilé, Hugues Laine a pris part à ce dernier aux côtés des jeunes représentant les associations sportives, Jean Hingray fut présent de bout en bout de la cérémonie et ce dès l’office religieux célébré à 9 h par l’abbé Paul Thomas.

Devant le monument aux morts, en hommage à tous les morts pour la France, Christiane Wininger, première adjointe, assurant les fonctions de maire par intérim a lu le message du Ministre délégué aux anciens combattants. Instant suivi du traditionnel dépôt de gerbe et du moment de recueillement. Puis ce fut l’hommage au cimetière militaire avec second dépôt de gerbe par le Commandant Steiner, à la tête du commissariat de Police romarimontain, le Commandant Ieria, de la Compagnie de Gendarmerie de Remiremont, le Capitaine Johann, Commandant l’Escadron de Gendarmerie Mobile de Saint-Etienne-les-Remiremont, le Capitaine Martin, commandant le centre de secours principal des sapeurs-pompiers et le lieutenant Destrez, commandant d’unité de la 13ème Compagnie du 1er régiment de Tirailleurs d’Epinal.

Puis ce fut le retour à l’Hôtel de Ville où la cérémonie se poursuivait au Grand Salon avec l’allocution de Christiane Wininger, maire par intérim, qui a notamment déclaré : « comme chacune des 36.000 communes de France, Remiremont associe aujourd’hui dans un même hommage les combattants de 14-18, de 39-45 et de tous ceux qui sont tombés pour la France, en Indochine, En Afrique du Nord, en Bosnie, au Mali, en Afghanistan, une liste qui n’est pas exhaustive. Mettons en lumière ceux que l’on n’a jamais honorés, ceux que l’on a oubliés, ceux auxquels l’on se contente de dire une fois merci au moment des funérailles, mais dont on délaisse ensuite la mémoire parce que l’on préfère oublier les guerres dans lesquelles ils sont tombés. Célébrer les morts d’aujourd’hui comme ceux d’hier, permet de les inscrire tous dans notre grand livre de notre Nation et d’entretenir cette chaîne du souvenir qui nourrit la vision d’un destin commun ».

Le besoin d’une nécessaire leçon d’éducation civique.

Christiane Wininger poursuivait en ces termes : « je profite de cette occasion pour saluer la bravoure de nos soldats actuellement mobilisés aux quatre coins du monde et celles de nos forces de Police et de Gendarmerie gardiennes de notre sécurité intérieure ». Christiane Wininger prit ensuite le temps pour rendre hommage à tous les oubliés de la guerre, notamment « à celles et ceux qui n’ont pas été décorés. Celles et ceux dont le souvenir reste confiné dans les familles. Celles et ceux qui, pourtant, ont consenti ou subi d’immenses sacrifices et ceux, dans l’anonymat, qui ont souffert pour notre pays ».

Elle rendit également hommage aux civils, qui par leur activité (journalistes, reporters, membres d’une ONG, diplomates, veilleurs) se sont retrouvés au mauvais moment au mauvais endroit. « Tous ces hommes et ces femmes, arrachés à leur quotidien pour être réduits en esclavage ou servir de monnaie d’échange ».

Se projetant dans une autre réalité, celles des drones, missiles à tête chercheuse, cellules dormantes, de l’embrigadement idéologique, Christiane Wininger a relaté : « la guerre du 21ème siècle tend à nous faire croire que nous ne sommes plus en sécurité nulle part. Nous n’avons plus de tranchées comme en 14-18, mais nous vivons retranchés dans la peur de l’autre, dans une société où les armes circulent mieux que le savoir, l’instruction et l’humanisme ». Et de poser alors la question : « Faut-il abandonner tout espoir et considérer la paix comme un simple répit entre deux guerres ? » avant d’affirmer qu’elle s’y refuse non seulement en tant que femme, « mais aussi en tant que citoyenne d’un pays qui a su, après des siècles de haine partagée, tendre la main à ses adversaires d’hier et établir avec eux de véritables et durables relations d’amitié ».

Et de dire : « il y aura toujours une envie de domination, mais préférons toujours la solidarité à la haine. Des hommes et des femmes de paix luttent au quotidien pour rappeler que la République est chère à notre cœur, pour transmettre à nos enfants l’Histoire de leur peuple avec sa grandeur, ses défaites, ses triomphes et ses revers. Les années passeront, nous nous retrouverons toujours ici un 11 novembre, civils, militaires, anciens combattants, familles et enfants pour une nécessaire leçon d’éducation civique et pas simplement une commémoration d’un armistice ».

Article participatif de Denis Philippe.

Photographies : Denis Philippe et Jean-Claude Olczyk.

 




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