Search
samedi 16 déc 2017
  • :
  • :

Le Thillot – L’association de défense de la maternité de Remiremont reste vigilante

image_pdfimage_print

DSCF4209

Vendredi 18 novembre 2016 dans la vallée de Haute Moselle, la commune du Thillot accueillait la seconde réunion publique de l’Association de Défense du Maintien et de l’Amélioration de la Maternité de Remiremont (ADEMAT-Rmt). Une quarantaine de personnes a répondu présente pour assister aux explications très complètes des intervenants de l’association. Après le mot d’accueil de Michel Mourot, maire du Thillot, de la présentation des élus locaux et des excusés par Jean Pierrel président de l’association, ce dernier a fait un rappel complet de l’origine de ce mouvement citoyen et l’évolution des événements jusqu’à ce jour, avec la création de l’ADEMAT.

Tout le mouvement a débuté par l’alerte d’un simple citoyen du Thillot via Facebook, qu’un projet de fermeture de la maternité de Remiremont commanditée par l’ARS (Agence Régionale de Santé), était programmé. Pour argumenter cette décision, l’ARS demanda un rapport par quatre « soi-disant » experts. Les arguments médicaux formulés n’étaient en fait que de « fausses bonnes idées ». C’était tout simplement une expertise partisane (au profit d’un transfert d’activités vers l’Hôpital d’Epinal) manquant d’objectivité et de crédibilité, les spécificités géographiques et climatiques non évoquées.

Les commentaires se sont poursuivis par la présentation du « Livre Blanc pour la maternité et la périnatalité à Remiremont» et du rapport d’expertise expliqués sur écran sous forme d’un « power point ». La première partie composée d’arguments démocratiques et géographiques, de l’activité et des domaines de compétences fut expliquée par Jean Pierrel, et le deuxième volet pour les arguments médicaux par le docteur Henry.

Les diverses « certitudes écrites » des « experts » de l’ARS confirment ces « fausses bonnes idées » :

  • Une disparition complète de l’hospitalisation pédiatrique et de la néonatologie.

« maintien/ouverture d’une structure pédiatrique ambulatoire, sans permanence des soins, ni structure d’urgences pédiatriques ».

  • La fermeture de la néonatologie et de toute la pédiatrie constituerait une réduction considérable de l’offre de soins.
  • Des restructurations à visée purement financière en étaient le seul but, au mépris d’une cohérence médicale, dans l’urgence, méconnaissant les aspirations des patientes et les bonnes pratiques médicales sont vouées à l’échec.
  • Les bons résultats en santé périnatale de la maternité de Remiremont justifient de son excellente réputation et l’attachement unanime de la population et de ses élus locaux.

Le 30 juin 2016, l’ARS déclarait que le projet de l’ARS n’était pas de fermer Remiremont, mais travailler ensemble à moyen-long terme aux conditions de coopération (des deux services). La question du site reste ouverte, les conclusions n’engagent pas l’ARS. La question de l’éloignement reste un sujet grave.

Mais dans le même temps, elle remettait un rapport des « experts » : « le site d’Epinal devrait être privilégié pour les activités impliquant une permanence des soins ». En pédiatrie ne laisser à Remiremont « qu’une structure ambulatoire (= pas d’hospitalisation), sans permanence des soins, ni d’urgences (= uniquement des consultations).

A ce jour, après que le directeur de l’ARS eut déclaré que le transfert de la maternité de Remiremont vers Epinal n’était plus d’actualité pour le moment, les membres de l’association restent vigilants. En effet, d’autres manœuvres administratives insidieuses pourraient se développer, tel un virus inoculé invisible, par le biais du nouveau GHT (Groupement Hospitalier de Territoire). La première preuve est la perspective de la mise en place de la direction commune entre les deux centres hospitaliers qui doit permettre la mise en œuvre de ce regroupement.

« En anesthésie regroupement sur un seul site de la permanence des soins… choix d’Epinal permettant le recrutement d’anesthésie sur Remiremont où une activité sans obstétrique et une permanence des soins allégée… seraient un facteur d’attractivité accrue ».

Le but étant de se trouver devant le fait accompli, de déshabiller les services de Remiremont au profit d’Epinal. L’hôpital de Remiremont premier employeur : 800 personnes dont 57 en maternité en ferait les frais humains et financiers.

Le docteur Henry rappela les spécificités et spécialités médicales, l’historique de l’évolution technique et création de nouveaux services avec la qualification des praticiens, formation continue des acteurs (le docteur Tisserand est actuellement en formation à Port Royal à Paris), et ceci depuis 30 ans au sein de l’Etablissement Hospitalier de Remiremont. Il fut rappelé également les investissements effectués en 2010 pour un total de 875.000 €uros d’argent public pour des locaux adaptés et rénovés : la Maison de Naissance (pratiquement unique en son genre et servant de service d’expérimentation nationale), le bloc obstétrical et le secteur consultation/écographie.

Conclusion, la disparition de la maternité et d’autres services communs à l’Hôpital tels les services « Anesthésie » et « Cancérologie » serait un mauvais coup pour l’aménagement de notre territoire.

Un débat fructueux se déroula ensuite, avec le soutien complet de l’assistance pour les actions de l’association. Un message important fut passé : « les services de la maternité ne sont pas fermés et continuent à accueillir de nombreuses naissances, nous avons besoin du soutien de vous tous ! ».

Ces contradictions ont amené à transformer le Comité de Défense de la Maternité en association loi 1901 ouverte à tous ceux qui voudront défendre activement la Maternité de Remiremont et plus largement l’hôpital qui est menacé à moyen-long terme.

La réunion prit fin autour du verre de l’amitié offert par la municipalité, et par de nombreuses adhésions à l’ADEMAT Remiremont.




2 réactions sur “Le Thillot – L’association de défense de la maternité de Remiremont reste vigilante

  1. froissard

    Fermeture des services, manque de personnels ,accroissement de l’activité, course à la rentabilité, les facteurs de mal être sont nombreux dans le secteur de la santé. Nous demandons l’abandon du plan d’économies ou encore l’abrogation de la loi santé, qui a instauré les groupements hospitaliers de territoire (GHT) source d’inquiétude pour les personnels et les patients .Si l’objectif affiché par le gouvernement est de consolider l’offre de soins en développant une prise en charge graduée des patients autour d’un projet médical, et en mutualisant les moyens et certaines activités à l’échelle d’un territoire , bon nombre voit les GHT, comme un outil, destiné à mener à bien des restructurations .Au 1 juillet les 850 hôpitaux publics, ont dû rejoindre l’in des 135 groupements hospitaliers de territoire, afin d’y développer coopérations ,mutualisation et économies d’échelle. Concrètement, il s’agit de flécher le parcours des patients entre des hôpitaux présentant des niveaux de recours différents, équipés par exemple, de plateaux techniques, plus ou moins poussés. Organisés autour d’un établissement support, les GHT auxquels les hôpitaux ont obligation d’adhérer, doivent établir un projet médical partagé, document qui décrira le rôle de chaque établissement par filière. Le Ministère de la santé, par la voix de ARS(agence régionale de santé) argue qu’il se s’agit pas de fermer des lits, des services ou des hôpitaux de proximité, mais au contraire de consolider l’accès aux hôpitaux dans nos territoires. les organisations syndicales et associations d’usagers craignent des transferts, des fermetures de services, et des difficultés d’accès aux soins pour la population. la mise en place des GHT va rendre encore plus difficile l’accès aux soins. L’établissement support concentrera un maximum d’activités, le risque étant l’apparition de déserts sanitaires ruraux et l’éloignement de la population .Mais pour l’instant tout se fait par touches .en catimini. On ne peut être opposés à une réorganisation de l’offre de soins, ni à plus de cohérence sur le territoire, mais pas à n’importe quel prix. Avec les GHT, il ne doit pas y avoir de doublons d’activités, l’hôpital pivot ne sera pas en capacité d’absorber toutes les activités, le secteur privé risque de s’engouffrer dans la brèche, avec les conséquences que cela implique pour la population

    répondre
  2. froissard

    La crainte existe également que les mutualisation ne répondent pas à la qualité des soins .Ce constat les médecins le font aussi . La communauté hospitalière craint que les mutualisations ne répondent pas à la qualité des soins, si elle se traduit part la fermeture de lits dans les hôpitaux périphériques, ce qui laisse apparaître clairement une vision financière .. Travailler ensemble sur la prise en charge des patients avec une harmonisation des protocoles ,n’est pas une mauvaise chose .Mais ce qu’on voit venir, c’est profiter du déficit de médecins, dans les services d’urgence, pour restructurer ,voire fermer des services . la mise en place des GHT questionne aussi sur les conditions de travail Ces fusions d’établissements avec direction commune ne peuvent garantir un meilleur accès aux soins, ni un recul des inégalités sociales et territoriales, ni une amélioration des conditions de travail . Avec l’Hôpital de Remiremont et sa maternité, nous disposons d’un bel outil de santé publique, avec un plateau technique performant et des équipes soignantes de qualité. C’est notre bien commun à défendre, pour la vie de tous en toute sécurité sanitaire. Restons vigilants.

    répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *