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dimanche 22 juil 2018
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Remiremont – Le débat d’orientation budgétaire amène un constat : la situation financière de la ville s’est dégradée

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Certes, nous n’allons pas écrire que l’heure est grave. Néanmoins, les objectifs du débat d’orientation budgétaire (DOB), instauré dans les communes de plus de 3.500 habitants permet d’avoir une vision des grands enjeux économiques nationaux, intercommunaux et communaux, en particulier d’examiner l’évolution des dépenses et recettes budgétaires de la ville et débattre ainsi sur ses objectifs financiers.

La loi de programmation pour les finances publiques 2018-2022, va notamment inciter les collectivités territoriales à maintenir un effort drastique pour redresser les comptes publics. En premier lieu, il s’agira de contenir les dépenses de fonctionnement (quelque soit la taille des communes) à 1,2 % par an, y compris l’inflation, sur cette même période 2018-2022.

A Remiremont, un premier constat s’impose en regard de l’analyse financière du budget principal pour la période précédente (2014-2017). L’épargne brute (ou autofinancement) traduit une baisse constante et elle n’apparait plus suffisante pour couvrir le remboursement du capital des emprunts de l’année, passant ainsi de 998.477 € en 2016 à 738.167 € en 2017. A savoir que le résultat net (ou disponible) représente l’autofinancement net dégagé pour contribuer au financement du budget. Dès lors, ce résultat est également en diminution, passant de 2.321.538 € en 2016 à 1.674.101 € à fin 2017.

Lorsque gros et petits chiffres se cumulent

Cette dégradation de l’épargne brute serait également due à différents projets successifs menés par les précédentes équipes municipales qui ont voulu, malgré la diminution constante des recettes, développer des prestations apportées par la ville au niveau culturel et sportif notamment, tout en soutenant la construction du nouvel EHPAD « Le Châtelet » et en maintenant certaines aides directes (500.000 €/an) et indirectes (700.000 €/an) aux associations. Le maire Jean Hingray a ainsi traduit, lors du conseil municipal de lundi soir : « le maintien du niveau de service et des aides directes ou indirectes ne sont donc manifestement pas soutenables à court terme au regard des recettes en baisse et de moins en moins évolutives ».

A certains chiffres importants se sont ajoutées des dépenses imprévues, non budgétisées initialement en 2017. A ce titre, il faut citer la reprise au 1er janvier 2017 de la « compétence animation » par la ville qui a du supporter des charges imprévues pour le Palais des Congrès et le Centre d’Hébergement (30.000 €) ou encore mettre en place de nouvelles animations et travailler sur les existantes (40.000 €) afin de développer l’attractivité de la Ville. Des objectifs qui n’avaient pu être estimés en globalité au moment du budget précédent car la compétence venait d’être seulement transférée à la Ville.

Et l’investissement autour de tout cela ?

Les dépenses d’investissement ont fortement augmenté (+ 1.137.659 €) entre 2013 et 2015, mais une baisse est constatée au niveau de 2016 due à un retard dans le calendrier des travaux. En parallèle, les recettes réelles d’investissement ont fortement diminué sur la même période, soit moins 2.801.398 €. Autre constat : la ville a aussi privilégié l’autofinancement de ses dépenses d’équipement sans faire appel, de manière prononcée, à l’emprunt. A peine 690.000 € entre 2014 et 2016 et ceci tout en maintenant son niveau d’investissement. L’an passé, la Ville a souhaité limiter ses dépenses d’investissement à 2.337.101 €. Il aura fallu néanmoins inscrire les travaux initiés précédemment en faisant appel de façon modérée à l’emprunt (960.000 €).

Si l’en-cours de la dette a bien diminué entre 2016 et 2017 (de l’ordre de 566.042 €), suite principalement à des emprunts qui se terminaient à fin 2017, l’annuité de la dette atteignait 1.164.136 € au 31 décembre. Toutefois, dans la durée, la capacité de désendettement se dégrade malgré la contraction modérée d’emprunts. Elle atteint aujourd’hui 12,74 années (ratio mesurant le nombre d’années afin de rembourser la totalité du capital de la dette). Ce ratio était de l’ordre de 10,16 années en 2015 et de 9,99 années en 2016.

Une nécessaire prospective triennale

En conclusion, Jean Hingray a précisé « la nécessité de mettre en place une prospective triennale et d’améliorer l’autofinancement de la commune en s’appliquant autour de plusieurs axes ». Cela passera par la réduction des dépenses de fonctionnement, le développement de nouvelles recettes avec l’optimisation des tarifications des locations de salles et des équipements, le maintien d’un certain niveau d’investissement, la recherche active de nouveaux financements et un recours maîtrisé à l’emprunt afin d’augmenter les recettes d’investissement, sans oublier d’assurer la maîtrise de la fiscalité des ménages. Sur ce dernier point, le taux de base des taxes locales devrait rester identique en 2018 et 2019.

Le maire soulignait encore : « l’impératif est de mettre en place des groupes de travail avec élus et agents afin de travailler à une refonte des services rendus à la population ». Et à propos des agents territoriaux de la ville, Jean Hingray nous livrait une information lors du point presse organisé en marge du conseil municipal : la ville se préparerait à mettre en place un service de pointage pour ses agents, tant administratifs que techniques. Un peu comme à l’usine en quelque sorte. Le temps et l’argent vont assurément de pair…

Denis Philippe.




Une réaction sur “Remiremont – Le débat d’orientation budgétaire amène un constat : la situation financière de la ville s’est dégradée

  1. Quidonc

    Monsieur le Maire semble découvrir qu’une commune rapporte peu et coûte de l’argent. Entretenir, investir,etc…
    Dommage qu’il ne l’aie pas su avant d’augmenter sa propre indemnité…avant même d’attaquer ses dossiers.
    Quant à pointer ses propres employés…quel mépris!!! Du jamais vu de mémoire de Romarimontains !!!
    A quand des élus pointés eux-même, sinon du doigt pour leurs dépenses , au moins pour leur absence aux réunions? A quand des élus salariés payés au rendement, rendant des comptes à leur tour à leurs administrés payeurs? ce ne serait que justice après tout

    répondre

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