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vendredi 14 déc 2018
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Remiremont – 250 à 300 personnes pour dire non au démantèlement du centre hospitalier

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Eric Sanzalone est le directeur du centre hospitalier de Remiremont. Il a eu droit à une chanson entonnée par une ancienne employée et reprise par les 250 à 300 personnes rassemblées devant le centre hospitalier à l’appel de l’ADEMAT (association de défense de la maternité) ce vendredi 8 juin 2018 en soirée. « Pour bien vivre dans nos vallées, Sanzalone, Sanzalone. Pour bien vivre dans nos vallées, notre coeur, il faut le garder ».

Une chanson reprise ensuite en choeur et de bon coeur par les élus de plusieurs communes dont les maires de Cornimont, Gérardmer, Plombières-les-Bains, Saint-Etienne-lès-Remiremont, Saulxures-sur-Moselotte, Thiéfosse, Vagney et Ventron. Pendant que la majorité municipale de Remiremont s’était abstenue de battre le pavé à trois jours d’un comité de pilotage décisif, Jean-Benoît Tisserand en représentait la minorité.

Des coeurs, accrochés aux fenêtres du centre hospitalier, en disaient long sur le soutien du personnel à la mobilisation populaire.

« Nous tenons à notre hôpital de proximité » a d’abord martelé Jean Pierrel, porte-parole de l’ADEMAT avant d’énumérer les raisons, quatre, qui ont poussé l’association à organiser ce rassemblement.

  1. « Le service de cardiologie doit être rétabli. Les usagers doivent pouvoir venir consulter ici à Remiremont alors que depuis trois semaines, tout le monde est envoyé en public ou libéral à Epinal. La permanence des soins en cardiologie doit être rétablie la cardio, c’est le cœur de l’hôpital. Sans cela, c’est tout le service hospitalier qui est remis en cause ».
  2. « L’ARS et le ministère doivent mettre fin au management désastreux et déstructurant du directeur qui multiplie les circulaires d’intimidation. Il n’ y a plus de médecin pneumologue à Remiremont. Un autre hôpital public, Mercy à Metz, l’a accueilli à bras ouverts. Pourquoi Monsieur Sanzalone n’a pas été capable de la retenir ? Pourquoi il a refusé de la rémunérer correctement puisque c’était là le litige et qu’un de ses collègue l’a fait sans problème. Monsieur Sanzalone n’a pas attendu les conclusions du comité de pilotage pour désorganiser ».
  3. « Le service de chirurgie est également menacé. Depuis plusieurs semaines, il se dit que le bloc sera fermé le week-end. A Epinal, on annonce que la chirurgie conventionnelle et la chirurgie ambulatoire se feront à Epinal et que Remiremont ne fera que de la chirurgie ambulatoire et à Remiremont, on annonce l’inverse… Faire uniquement de la chirurgie ambulatoire à Remiremont signifie la fin de l’astreinte de la chirurgie et de l’anesthésie et sans anesthésiste, on ferme aussi la maternité. On y arrivera. Une parturiente avait des risques cardiologique, on l’a envoyé à Epinal ».
  4. « Le 11 juin 2018, le comité de pilotage, instance non statuaire mise en place par le directeur général de l’Agence Régionale de Santé le 9 mars 2017, va se réunir. D’après le président de du conseil de surveillance Jean Hingray, il sera décisif pour l’avenir de l’hôpital. Nous disons donc à Messieurs Jean Hingray, François Vannson et Christophe Naegelen, qui siègent au comité de pilotage le 11 juin 2018, de dire fermement non à la mise en pièce de l’hôpital de Remiremont qui s’accélère, demain il sera trop tard. Nous sommes à la croisée des chemins. Les discussions entre médecins des 2 sites et l’administration sont surtout des discussions de marchand de tapis pour se disputer les parts de marché , nous sommes bien loin la réponse aux besoins de santé public ».

Des constats que Jean Pierrel résume en une seule phrase : « il n’est pas question de démanteler notre hôpital de proximité. Depuis des mois, nous ne cessons d’alerter ».

Pour l’ADEMAT, « les communiqués de l’ARS depuis le 9 mars 2017 sont éloquents, ils décrivent la chronique de l’annonce de démantèlement, dommage que ses intentions soient largement banalisées ou passées sous silence ou encore enveloppées dans un jargon technocratique qui sonne bien à l’oreille comme l’offre de soins structurée et graduée. Mais l’ARS c’est l outil au service de la politique gouvernemental et du ministère de la santé. Celle-ci est clair en matière d’hospitalisation public puisque la majorité au parlement à voté un ONDAM en diminution de 1,5 milliard plus le déficit et accordé 2,3% pour la médecine libérale et le privé. Nous ne pouvons accepter ces orientations qui vont aggraver la vie et la santé de nos concitoyens , surtout dans notre régions meurtrie économiquement ».

Ce rassemblement était le premier organisé contre ces orientations « avec la volonté de mettre en échec ce plan de démantèlement ».

Jean Pierrel a prévenu : « nous serons très attentif aux conclusions du comité de pilotage. Nos élus doivent dire non au démantèlement du service public hospitalier de proximité. Le ministère de la santé doit accordé le moyen de vivre à l’hôpital, il y va de la survie de nos vallées. L’hôpital est le premier employeur de notre bassin de population. Tous les décideurs doivent savoir que ce soir n’est qu’une étape. Nous savons que la lutte est âpre. Il n’y a pas que Remiremont, de nombreux hôpitaux de proximité sont dans le même cas aussi. Restons unis, s’il le faut, nous reviendrons plus nombreux, plus fort ».

Le samedi 23 juin 2018 à partir de 12 heures 00, la coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités  de proximité organise, place de la République à Paris, « un rassemblement pour dire stop à la catastrophe sanitaire ». L’ADEMAT y sera et invite à réserver ce samedi sur son agenda.

Photographies : Christian Schirm.




7 réactions sur “Remiremont – 250 à 300 personnes pour dire non au démantèlement du centre hospitalier

  1. Un grognard

    La majorité municipale s’implique depuis bien longtemps dans ce dossier … ils travaillent pour sauver l’hipital !

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    1. eric88

      Pour avoir participé au rassemblement organisé hier devant l’entrée du centre hospitalier, on a pu constater l’absence du 1er magistrat de la commune de Remiremont.
      Le service public de la santé et le 1er employeur de cette commune ne méritaient certainement pas son attention…

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      1. J.Charles

        Comme si le plus important c’était l’absence du Maire et comme si il devait se justifier…
        Comme si le plus important c’était de se montrer avec une écharpe tricolore…
        Le moins qu’on puisse dire c’est que si il y en a un qui mouille le maillot pour l’hôpital c’est bien lui et son adjoint à la santé. On gagnera à éviter ce genre de polémiques stériles et futile.

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  2. Manu

    nos vallées depuis bien des années deviennent une préoccupation concernant la baisse et le vieillissement de la population, l’économie locale en danger, les villages désertiques avec un paquet de pas de porte à vendre et les écoles en danger également nous sommes un tout et on n’a pas pris en compte cette catastrophe ce tsunami qui prend de l’ampleur. Les petits villages font la vie de nos vallées et ça on les a laissé crever depuis si longtemps .petit à petit nos jeunes n’ont pas vraiment envie de rester là et notre jeunesse c’est l’avenir .

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  3. Un citoyen

    C’est très facile de s’en prendre uniquement à un seul homme, en la personne du maire. Mais il faut voir au niveau supérieur des élus, c’est à dire l’ancien et le nouveau député surnommés Laurel et Hardy. Ils sont les Complices du démantèlement de notre hôpital. S’ils étaient sincères avec eux mêmes ils démissionneraient, car dans la vie il faut choisir, avoir le courage de ses opinions ou s’en aller dignement, car la faiblesse n’a plus lieu d’être pour des élus qui ne pensent qu’à leur petite personne. DEHORS vous avez perdu votre crédibilité soyez dignes pour une fois.

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