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jeudi 29 juil 2021
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Remiremont : conférence de géographie à l’Hôtel de Ville « Quand les animaux et les végétaux migrent avec les humains »

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Le Festival International de la Géographie de Saint-Dié-Des-Vosges co-organisait ce samedi soir à Remiremont une conférence décentralisée au Grand Salon de l’Hôtel de Ville. Intitulée « Quand les animaux et les végétaux migrent avec les humains », elle était animée par Sylvie Guillerme, professeur à l’université de Toulouse.

La géographe a fait un tour d’horizons des espèces exotiques envahissantes sur le continent européen et dans le reste du monde. Son intervention concernait principalement les végétaux, mais aussi quelques animaux (le frelon asiatique, l’écrevisse de Louisiane, la perruche). Les animaux et végétaux introduits peuvent avoir un impact sur le faune et la flore natives.  Il s’agirait d’une cause importante d’appauvrissement de la biodiversité. En France, on compte environ 440 plantes naturalisées, soit 9,4% de la flore. 217 sont considérées comme nuisibles, et 60 poseraient problème (Aboucaya 1999). Les plantes en questions peuvent être introduites de plusieurs manières, volontairement ou involontairement. pour l’agriculture, le jardinage, la décoration, dans des zoos, des maisons. Et une fois chez introduites, elles peuvent d’évader et se reproduire hors de notre contrôle.

Sylvie Guillerme a évoqué les cas de la balsamine, de la renouée, de la spirée etc. « Exotique : un doux mot pour qualifier les espèces indésirables ». Les problèmes liés à ces plantes sont de plusieurs types : parasites, changement de propriété des sols, apport de substances toxiques, modification de la température de l’eau, danger pour la santé humaine, ou encore impact économique, avec notamment des dégâts sur les infrastructures. « Tous ces processus d’invasion sont complexes ». Cependant, toutes les espèces exotiques n’ont pas un impact négatif. « Ceux qui posent problème sont une petite minorité. C’est pas parce que c’est exotique que forcément il va y avoir des soucis ». Et certaines ont été tout à fait assimilée et l’on oublie qu’elle sont venues d’ailleurs il y a des siècles : le choux, la carotte, le maïs, le haricot, la courgette, la tomate etc.

Si beaucoup d’études sont centrées sur l’Europe, il existe aussi des espèces envahissantes ailleurs dans le monde. La lantana, qui pose problème notamment en Inde, où la géographe a étudié l’impact de sa présence dans des zones montagneuses. Certaines espèces européennes sont envahissantes, comme par exemple l’ajonc, que l’on retrouve aux quatre coins de la planète, ou le pissenlit, qui envahit des champs canadiens. Face à ces modification de la faune ou de la flore, l’attitude adoptée dépend de différents facteurs : la perception que les habitants ont de la variété, son utilité esthétique, cosmétique, le coût éventuel pour s’en débarrasser, la gêne qui peut être occasionnée pour les cultures etc. « Est-ce qu’il faut lutter ? Est-ce qu’il faut s’adapter ? Est-ce qu’il faut accompagner ? ». La géographe laisse la question ouverte.




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