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jeudi 1 oct 2020
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Remiremont : notre histoire de tombe en tombe

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A l’approche de la fête de la Toussaint, au cours de laquelle l’Église catholique honore tous les Saints, connus et inconnus, puis du jour des morts le lendemain, les cimetières sont petit à petit décorés de fleurs et de bougies. L’heure est aux souvenirs et au recueillement.

Marcher dans les allées du cimetière de Remiremont, c’est découvrir de tombe en tombe l’histoire de la ville. Voir défiler les noms et prénoms des habitants qui nous ont précédé, ont vécu où nous vivons aujourd’hui. C’est aussi un excellent exercice de calcul mental, pour déterminer la durée de vie de chacun. Et il est parfois très émouvant de constater la brièveté de certaines. La plupart des tombes les plus anciennes remontent au 19ème siècle et au tout début du 20ème. On imagine la vie des gens à l’époque, lorsque tout était en noir et blanc et que les journaux papier avaient d’autres fonctions que de caler les armoires et allumer les feux de cheminée. Une autre époque.

On se promène dans un tel endroit avec la fascinante faculté de ne pas se sentir concerné. Comme sans doute avant nous ceux qui reposent ici. C’est un lieu riche en symboles, témoignant de la vie et de l’espérance de chacun : « Pour eux aussi, Jesus est mort en croix », lit on ici. On y trouve des croix, bien sûr, des couronnes, des globes, des sabliers ailés, les clés. On constate les différentes modes, les matériaux utilisés au cours du temps. Il y a les caveaux de famille, les chapelles, les croix alignées du cimetière militaire. Les personnalités célèbres aussi, comme Jules Méline, avec cette inscription : « Ici repose celui qui ne s’est jamais reposé ». Et puis il y a les concession échues, et ces monuments funéraires qui restent pour nous un mystère : « Toute personne susceptible de communiquer des renseignements sur cette tombe est priée de se présenter au gardien du cimetière ».

Les deux « carrés juifs » du cimetière de Remiremont témoignent de l’importante communauté israélite présente autrefois dans la ville. On y trouve des inscriptions en hébreux, et en français : « Que la terre lui soit douce ». Divers symboles : des menorahs, des aiguières, des étoiles de David. Et aussi ce signe particulier : deux mains avec un espace entre le majeur et l’annulaire. Il ne s’agit pas du symbole secret de quelque complot juif, mais de la position des mains des « cohen », prêtres, lors de la Birkat Cohanim, la bénédiction sacerdotale. Le cohen des ères biblique et antique a pour tâche notamment d’assurer le culte du Temple et l’offrande des sacrifices, la bénédiction du peuple d’Israël, et l’application de la loi divine. L’espace réservé aux romarimontains de confession musulmane compte quelques tombes relativement récentes.




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