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mardi 29 sept 2020
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Masques : le coup de gueule des pharmaciens !

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Le Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens est en colère. Dans un communiqué adressé à la presse, les pharmaciens se disent « consternés » et « dégoûtés ».

« Notre pays connait une crise sanitaire sans précédent. Un état de guerre suivant les mots du Président de la République. Comme en 1870, il ne devait pas manquer un bouton de guêtre à nos combattants. On a vu ce qu’il en a été. Des soignants désemparés par le manque d’équipement de base et notamment les masques. Nos soignants de la première ligne ont dû faire face à la pénurie.

Une mobilisation générale a été organisée pour essayer d’améliorer la situation des personnes les plus exposées. Tous les professionnels de santé ont dû faire face à l’inquiétude. La leur, de devoir assurer leur mission, au nom de l’idéal de santé publique qu’ils défendent.

Celle qu’ils ressentaient intensément pour leur entourage proche avec cette crainte permanente d’être porteur d’une contamination pour ceux qui leur sont chers. Et celles enfin de leurs patients à qui il a fallu expliquer sans relâche qu’on n’avait pas les moyens de les protéger comme il le faudrait, soit le contraire même de ce qui fonde nos métiers.

Courageusement, l’ensemble des professionnels de santé ont soutenu et assumé sans faiblir cette ligne. Oubliant les insultes, les procès en irresponsabilité ou incompétence, les vindictes anonymes ou, peut-être pire encore, celles qui ne le sont pas, ils ont tenu la tranchée. Aujourd’hui, la consternation s’allie au dégoût. Toute guerre a ses profiteurs.

C’est malheureusement une loi intangible de nos conflits. Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce à grand renfort de communication tapageuse des chiffres sidérants de masques vendus au public par certains circuits de distribution.

Où étaient ces masques quand nos médecins, nos infirmiers, nos pharmaciens, nos chirurgiens dentistes, nos masseurs-kinésithérapeutes, nos pédicures-podologues, nos sages-femmes mais aussi tous nos personnels en prise directe avec la maladie tremblaient et tombaient chaque matin ?

Comment nos patients, notamment les plus fragiles, à qui l’on expliquait jusqu’à hier qu’ils ne pourraient bénéficier d’une protection adaptée, vont-ils comprendre que ce qui n’existait pas hier tombe à profusion aujourd’hui.

100 millions par ici, 50 millions par là. Qui dit mieux ? C’est la surenchère de l’indécence. Nul n’aurait reproché à des circuits de distribution grand public de distribuer des masques grand public. C’était là un complément essentiel qui serait venu compléter utilement l’arsenal de défense contre le virus. Derrière le masque, se trouve le vrai visage. Nous, nous garderons celui de la dignité.

Celui-ci ne se retrouvera dans aucun rayonnage. L’heure viendra, nous l’espérons, de rendre des comptes. En attendant, nous allons poursuivre notre mission de professionnels de santé, car c’est notre engagement. Avec néanmoins l’amertume de se dire que la responsabilité n’est pas la mieux partagée de toutes les vertus. »

Signataires :

Patrick BOUET, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins

Anne-Marie CURAT, Présidente du Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes

Patrick CHAMBOREDON, Président du Conseil national de l’Ordre des Infirmiers

Serge FOURNIER, Président du Conseil National de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes

Pascale MATHIEU, Présidente du Conseil National de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes

Eric PROU, Président du Conseil National de l’Ordre des pédicures-podologues

Carine WOLF-THAL, Présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens




22 réactions sur “Masques : le coup de gueule des pharmaciens !

  1. PierreL

    « consternés », « dégoûtés », parce qu’il y a maintenant des masques à profusion vendus ailleurs qu’en pharmacie ???
    Mais que faisiez-vous en temps de pénurie ? Vous attendiez qu »‘on » vous les livre alors que d’autres se démenaient pour en obtenir là où il y en avait encore un peu… et que tant d’autres se donnaient la peine d’en fabriquer eux-mêmes.
    Désolé si le marché des masques vous échappe en partie, mais je sais que je n’irai pas me fournir chez vous : c’est beaucoup trop cher !

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    1. un pharmacien

      Vous n’avez pas compris le problème désolé !
      Des soignants, des greffés, des cancéreux, des malades du COVID n’avaient pas de masques jusque là… La pharmacie ne pouvait pas leur en DONNER (pas vendre nuance).
      Ou étaient les masques ? Dans les réserves des grandes surfaces !

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  2. anatole

    Je suis exceptionnellement revenu devant mon téléviseur, ai entendu le Pr Raoult évoquer la crise de nerfs en France. Une épouse qui a dextérité à la Machine à coudre; on ne se plaint pas. Je traduis l’inquiétude de tous les corps de santé , tous,oui tous bien malmenés dans ce Pays. Ici a bien eu lieu le 1er décès du Covid. Des parleurs qualifiés n’ont fait que rassurer par le verbe, sens et contre sens. Les défunts par dizaine de milliers, l’économie ras de terre de par l’incurie de nos dirigeants, Ma colère je la transforme en souvenirs pour partie de notre société qui a subi ce génocide covid. Je ne suis pas juré de la Cour de Justice – Le Gvt a donné pas mal d’instructions jusqu’aux chefs de services hospitaliers pour l’accès à réserver à une tranche d’âge aux respirateurs.Les décrets : telle molécule à proscrire, telle autre pour les condamnés… Le masque revenant à la primo actualité; on ne va pas s’en servir pour bâillonner qui veut s’exprimer. Je n’ai pas qualité pour faire de l’ingérence, moi. Oui tous les corps de Santé ont a dire. Ce n’est pas le moment de les critiquer. Ils subissent en première ligne .Ont autant droit à l’expression que les cireurs de pompes de nos autorités. Le pharmacien, on l’écoute d’abord.

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  3. froissard

    le milliard de masques annoncé par notre président de la République n’était que du pipeau, pour laisser le temps à la grande distribution de passer commande, afin de s’approvisionner et inonder le marché .De juteux profits en perspective, y compris pour des pharmacies qui les vendent à vil prix .Il faudrait règlementer ce prix des masques, selon leur catégorie . On manquait de masques, mais toutes ces annonces, ont servi à masquer les manques .les départements et communes ont pallié aux carences de l’Etat .

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  4. lavosgienne

    La pharmacie est aussi un commerce, ils ont dû refuser de vendre les masques à prix coutant. Après, je pense que la grande distribution est privilégiée , autorisation de vendre d’autres produits que ceux de première nécessité, vêtements, chaussures, bricolage, muguet etc. pendant que les autres commerces sont fermés,ou s’improvisent « drive » pour ne pas couler, autorisation d’accueil jusqu’à 180 personnes dans le magasin alors que le petit boulanger accepte 1 personne à la fois. On a compris depuis longtemps que la grande distribution et le e-commerce ont le monopole

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  5. froissard

    Tous ces scientifiques en désaccord entre eux et dont beaucoup s’opposent au Professeur RAOULT, sont en situation de conflits d’intérêts, c’est à dire rémunérés en nombre de l’industrie pharmaceutique .Notre gouvernement est à la botte de ces lobbies qui mettent l’économie en coupe réglée, selon leurs besoins de profits immédiats .

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  6. froissard

    Un jour, pour frapper à la porte le courage se leva et alla lui ouvrir, mais il n’y avait plus personne ( GOETHE ) Nos dirigeants, sont lâches et manquent de courage, tellement leurs intérêts et ceux de leurs amis qui tiennent la finance sont plus importants que nos vies, qui valent pourtant plus que leurs profits.

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  7. froissard

    Comme toujours, privatisation des bénéfices et quand le risque est là, on nationalise les petes, en prenant dans nos poches .Qui peut cautionner que nos impôts financent les actionnaires des multinationales, alors que le point d’indice des personnels de santé est gelé.

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    1. Didou

      Il faudrait un peu changer le débat. Si vous avez les moyens de les acheter en pharmacie allez y. Ne tapez pas sur ceux qui ne peuvent pas se permettre.

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    1. JMV.

      Un peu court et très mensonger.

      il y a eu un petit million de PV distribués depuis le début de la crise et dans le même temps 600 ou 700 millions de masques importés pour les soignants.
      Et si il n’y avait pas eu la crainte du PV pour nombres de rebelles et d’abrutis, le bilan sanitaire aurait été bien plus élevé.

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  8. chouki

    Copiez sans modération.
    Association d’hydroxychloroquine ((200 mg x 3 par jour pour 10 jours, la dose haute avant la Buzin est de 6,7mg/kgICM/jour) et d’azithromycine (500 mg le 1er jour puis 250 mg par jour pour 5 jours de plus) agrémentée d’un sulfate de zinc (200 mg pendant les dix jours) en évitant les nourritures ou boissons « acides » et plus besoin de passer par la case réanimation au risque de ne jamais en sortir que dans le sapin.
    Important:
    Un QT corrigé inférieur à 460ms au début du traitement, une attention particulière entre 460ms et 500ms et un suivi pour les sup 500ms.
    Et tout cela aux premiers toussotements, état grippal et un 37.5, avec si possible un test direct, car au bout de la semaine c’est comme le « nid de poule » au milieu de la route qui casse votre suspension d’auto…. la poule est partie mais le trou est resté (ce pour dire que après une semaine à dix jours c’est trop tard).

    Quelqu’un aurait le nom d’un médecin qui ferait encore de la médecine ?

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  9. Philippe

    On découvre que la capacité de réaction est d’efficacité est supérieure dans le privé » grande distribution »que dans le collectivisme étatique »ars ministère » Intermarché en 2 mois transforme son unité de couche culotte en confection de masques et on va mettre 2 ans pour remettre une usine en marche sous perfusion de l’état et collectivités locales.
    Imaginons un instant que le 10 mars on nous ai dit que les masques étaient notre seul moyen de survie mais comme il n’y en a presque pas » 1 milliard de sont perdus dans les couloirs des administrations qui au bout de 3 mois réapparaissent dans un hangar humide de haute marne » seront réservés aux hôpitaux et dirigeants… On aurait confondu les CHU avec la bastille.

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    1. JMV.

      On ne peut effectivement comparer la réactivité du privé avec celle de l’administration française.

      Pour l’éducation nationale, Allègre parlait à juste titre de dégraisser le mammouth. Pour notre haute administration, on pourrait plutôt parler de diplodocus.
      La majorité des personnes s’accorde d’ailleurs à dire que si la France est si mauvaise depuis le départ dans la gestion de cette crise, c’est à cause de la lourdeur et de la lenteur du système politique et administratif.
      Réunionnites, ouverture de parapluie, règlementations lourdes et non adaptées à l’urgence, fonction publique tatillonne et procédurière.

      Il nous fallait des formules 1. Nous sommes restés avec nos 35 tonnes.

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      1. lamisol

        ARS Grand Est: 699 emplois équivalent temps plein en 2017.
        La moitié sont des cadres.
        75 671 euros de salaire moyen/an.
        Le salaire du directeur: 146 840 euros brut pour 2017.
        Pour 2017, on a une augmentation de 40% des arrêts de maladie par rapport à 2016 .

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          1. lamisol

            Les effectifs de la fonction publique hospitalière ont augmenté de 71,9% (avec les contrats aidés) de 1980 à 2012, surement beaucoup de « grattes papiers.
            Pour la fonction publique territoriale, c’est 87,3%.
            Pour la fonction publique d’état, c’est seulement 12,3%.
            Source: rapport annuel sur l’état de la fonction publique, édition 2013, DGAFP
            On continue comme ça ou on fait une réforme!

  10. 88200macgyver

    Je comprends la déception des pharmaciens, mais heureusement qu’ils ne sont pas les seuls à vendre des masques par exemple .Quand on voit les tarifs pratiqués en pharmacie sur divers produits , notamment ceux non remboursés par la Sécu, ça fait peur !.C’est vrai qu’ils ne se gênent pas … Je ne soutiens pas non plus la grande distribution qui elle même dans d’autres cas fait des massacres lorsque les centrales d’achats font leurs prix sans laisser le sou pour vivre aux producteurs…Je pense que pour livrer des masques aux grandes surfaces , il a fallut faire des concessions.Ceci dit , théoriquement , il faut de la concurrence pour maîtriser un peu l’envol des prix . De plus ,c’est un produit qui aura besoin d’être renouveler si la situation perdure ,et qui va finir par coûter cher à celui qui va les payer . Bien entendu , il y aura toujours les bien lotis dans les différentes administrations et autres sociétés qui en auront à gogo, même pour leurs usages perso,tandis que les autres irons à la pharmacie du coin ….

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