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samedi 29 jan 2022
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Le sapin de Noël, une tradition bien vivante dans les Vosges !

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Laurent Hatton et de Fabien Mathiot

Laurent Hatton et de Fabien Mathiot

C’est souvent un événement, qui reste gravé dans la mémoire des grands enfants. Au début du temps de l’Avent, le soir de Saint-Nicolas, on installe au salon un joli arbre de Noël. Nordmann ou épicéa, chacun a sa préférence. On ressort le carton de décorations : boules, guirlandes, petits anges. Le doux parfum du conifère annonce déjà le temps des festivités.

On dépose sous les branches la crèche, Marie, Joseph, le bœuf et l’âne gris. La mangeoire, vide, accueillera dans quelques semaines le Fils de Dieu. Viendront ensuite les trois rois mages, les bergers, et divers autres personnages selon la juste fantaisie provençale. Si l’arbre est un peu haut, on prend ensuite une chaise ou un escarbot, pour ajouter sur la cime une pointe, un flot ou l’étoile de Bethléem. Le sens et la beauté s’unissent dans les foyers en ce soir de décembre. Mais le sapin de (2)Noël, avant d’en arriver là, a déjà vécu toute une histoire.

Les Vosges sont à l’évidence l’un des pays du sapin. On en retrouve jusque sur le blason du Département. C’est à Gérardmer qu’a été cette année sélectionné celui qui décore la place Stanislas, à Nancy. Mais existe-t-il plus attendrissant que la vue d’un champ de sapins de Noël où, année après année, on voit pousser les conifères qui viendront un jour réjouir le cœur des petits vosgiens ? C’est le domaine d’activité de Laurent Hatton et de Fabien Mathiot, depuis plus d’une décennie maintenant. 11 hectares exploités, quelque 80 000 sapins repiqués ! Ils en vendront 3 000 cet hiver. Basée à Coinches, l’entreprise « Le sapin de Noël des Vosges » exploite une vingtaine de terrains dans le Nord-Est du département. Tous les arbres proviennent d’un pépiniériste local. Les sapins qui sont produits ici sont destinés principalement aux particuliers, et à quelques petites communes.

De l’état de graine à l’état de jeune plan, les conifères passent le début de leur vie chez un pépiniériste situé à Anould. « Nous, on achète le plan à 3 ans », explique Laurent Hatton. Il faut ensuit attendre 7 ans environ pour obtenir le sapin. Entre temps, il y a fort à faire : acheter un terrain, le protéger du gibier, broyer les souches, hacher, pour faire de l’engrais. Pendant les sept années, « on va les tailler, si besoin on va les désherber. On laisse pousser un maximum ». La production se fait sans utilisation de produits chimiques tels que le glyphosate. « On va laisser faire la nature et on va désherber tardivement ». Au printemps ou à l’automne, on repique. Les producteurs (4)privilégient l’automne pour éviter un éventuel manque d’eau en avril. « On est concrètement dans une démarche écologique ».

L’ambition est de respecter l’environnement et de chercher des méthodes saines et innovantes. Des volailles sont par exemple installées sur une parcelle, aidant à débroussailler. Leurs fientes servent d’engrais. « Une démarche très intéressante », pour les entrepreneurs. La cohabitation de ces animaux est tout à fait bénéfique. La production de sapins a aussi son intérêt pour l’économie locale. « Tout est fait en local », explique Laurent Hatton. Les circuits courts sont privilégiés. Pour l’outillage notamment. « On essaie d’acheter tout ce qu’on peut en local ». Pour la vente aussi, elle est majoritairement effectuée à proximité du lieu de pousse. « On voit vraiment que des gens reviennent à du local ». L’entreprise œuvre pour le milieu scolaire et associatif. « On fait beaucoup de partenariats avec les écoles ». En 2019 par exemple, plus de 4 000 euros ont été redistribués aux établissements pour financer des activités.

Marcel Rieder (1862–1942)

Marcel Rieder (1862–1942)

Lors qu’après 10 années environ, de l’état de graine à celui d’arbre de bonne taille, le sapin est enfin prêt, il est transporté jusque dans les maisons, les mairies, les écoles. La tradition de l’arbre décoré est ancienne. Elle remonte au fond des âges de la Vieille Europe. Symbole de renaissance, représentation de l’arbre du jardin d’Eden. Selon l’Encyclopædia Britannica, l’utilisation d’arbres à feuilles persistantes, de couronnes et de guirlandes pour symboliser la vie éternelle est aussi une coutume antique chez les Égyptiens, Chinois et Hébreux. Le sapin est devenu un symbole chrétien, de Noël, avec la couronne de l’Avent. On évoque notamment Saint Colomban et Saint Boniface. Plus tard, la tradition gagnera en importance à l’Est du continent. La première mention officielle connue est alsacienne, à Strasbourg, puis à Sélestat. La tradition s’est bien répandue. Le soir de Noël, la table est dressée, les convives se rejoignent pour les réjouissances. Nous sommes près du solstice d’hiver. Depuis l’aube des temps, les astres, luminaires disposés dans l’étendue du ciel, servent de signes pour marquer les époques, les jours et les années. Et de saison en saison revient le temps des fêtes. De la table du repas, les enfants observent le sapin illuminé. Ce soir, ils trouveront peut-être quelque beau cadeau sous ses branches.




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